Accueil Date de création : 10/09/08 Dernière mise à jour : 29/01/12 23:29 / 154 articles publiés

Faut-il prendre en compte la critique ?  (Une idée, une question !) posté le jeudi 19 novembre 2009 22:53

Voilà une question qu'il est légitime de se poser dans la vie comme en sténopé !

Cela fait plus d'un an que je pratique la photographie au sténopé. Jusqu'ici mes séances ont été avant tout des tests destinés à apprivoiser cette technique plus qu'aléatoire. Si, à mon avis, je n'aurais jamais fini d'effectuer des tests, je pense que je vais m'inscrire de plus en plus dans une démarche concrète dans laquelle il s'agira de donner naissance à des images que je n'aurai pas honte d'exposer si on me le permet.

C'est le cas depuis cet été, avec les séances que j'enchaîne dans le but de proposer les meilleures clichés en réponse à l'appel à participation lancé par le CCAM du Bourget (4ème exposition internationale de photographie au sténopé). Et ce sera le cas l'année prochaine car j'entends bien reprendre avec Willène Pilate, notre projet d'exposition là où nous l'avons laissé. ^^

Dans ce contexte, au-delà des questions techniques sur la chimie et les temps de pose, je m'interroge de plus en plus sur ma démarche, ce que je veux exprimer, raconter, faire vivre comme expérience au spectateur... Ce fameux spectateur qui aime, ignore ou déteste. Ce spectateur, dont la perception n'est pas toujours en accord avec l'intention de l'auteur.

Francis Bacon : Figure writing reflected in a mirror
Figure writing reflected in a mirror, peinture de Francis Bacon que je reproduis actuellement.


Quel comportement adopter face à la critique ?

Analysons un peu le problème.

Une création qu'elle soit picturale, cinématographique, ou photographique est le produit d'une démarche personnelle. Elle est façonnée par une personne ou une équipe (dans le cas du cinéma par exemple) caractérisée par une sensibilité, une histoire, une culture, une intention spécifiques.

Les spectateurs de cette création sont également caractérisés par une sensibilité, une histoire, une culture, une intention spécifiques. Ces caractères constituent le filtre à travers lequel la création va être perçue.

La perception de cette création ne sera pas la même en fonction des spectateurs : 
ces derniers seront sous le charme, indifférents ou clairement pas emballés. Surtout, leur perception sera plus ou moins en phase avec l'intention de l'auteur.

A mon sens, prendre en compte la critique dans l'optique de plaire au plus grand nombre n'a pas d'intérêt au sens artistique du terme (même si cela peut représenter un intérêt économique).

Pour garder son intégrité et sa sincérité dans sa démarche, je pense que prendre en compte la critique, c'est aller au-delà de sa propre perception pour constater si l'intention a été comprise ou non par le public.

Dans mon cas, on dit parfois de mes photos qu'elles sont tristes, glauques ou encore macabres.

C'est loin d'être faux !

La technique y est pour quelque chose : le sténopé est à mon sens peu enclin à donner lieu à des images "joyeuses". On obtient des clichés généralement sombres, très contrastés, des visions fantomatiques et troubles, le tout semblant sortir d'une époque lointaine.

D'autre part, j'avoue mon attrait pour les oeuvres torturées de Bacon, le naturalisme de Zola ou encore la mélancolie d'AaRON. Pour reprendre le texte d'une chanson de Zazie, "On n'écrit pas qu'on manque de rien, qu'on est heureux, que tout va bien.".
N'est pas Charles Trenet qui veut.




Mon ambition n'est pas de plaire au plus grand monde, mais de faire en sorte que le spectateur perçoive ce que j'ai tenté de transmettre. J'aimerais donc que la poésie et la mélancolie de mes images soient plus évidentes que leur caractère glauque ou macabre.

Et puis, on va finir par croire (si ce n'est déjà fait) qu'étant à l'origine d'images peu joyeuses, je suis probablement un jeune homme perturbé, voire dépressif qui n'est pas tout à fait sorti de l'adolescence et qui, pour faire face à son malaise de vivre, exhibe des images gothiques à travers lesquelles il crache sa haine de la société.

Pourtant, je ne me suis jamais senti aussi bien qu'aujourd'hui !

Je suis comme Isabelle Adjani campée par Florence Foresti : "Dans mes fictions, je ne joue que des martyrs, des condamnées à mort, des folles mais les gens confondent, je ne suis ni Camille Claudel, ni Adèle H [...]. Je suis Isabelle Adjani, Zaza pour les intimes et je rote, je pète, je fais caca, comme vous."

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Entretien avec la sténopiste Odile Gicquel  (Interviews) posté le jeudi 12 novembre 2009 23:06

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas publié d'interview !
C'est désormais chose faite avec cet article consacré au travail d'Odile Gicquel que j'ai découvert via la page de liens de Patrick Caloz que j'avais invité sur ce blog ! Comme quoi, ces pages de liens ne sont pas inutiles.

Le travail d'Odile Gicquel m'a séduit dès les premières secondes passées dans sa galerie : un travail très expressif autour du corps et des images d'une grande qualité.

Je me suis donc permis de la contacter pour en savoir plus sur sa démarche et son rapport au sténopé. Elle a accepté très gentiment, malgré un planning chargé, de répondre à quelques unes de mes questions.

J'aurais aimé en savoir encore plus mais un bon sténopiste ne doit peut-être pas dévoiler tous ses secrets.

Sténopés d'Odile Gicquel - Visages
Ma tête qui souvent crie (Odile Gicquel)


Laurent Diaz : Présentez-vous ! 
Odile Gicquel : J'ai 53 ans et fais de la photographie depuis 16-17 ans.

L.D. : Vous pratiquez la photographie au sténopé depuis 2000. 
Comment avez-vous découvert cette technique ?
O.G. : En l'an 2000, je lis dans une revue spécialisée photo « Comment photographier l'éclipse solaire avec une boîte en carton » ! Je pense qu'ils vont trop loin pour vendre et je décide de réaliser la boîte en carton qu'ils recommandent, en faire un essai... pour ensuite leur faire un article, pour me plaindre de ces articles à sensations... J'ai fait cette boîte, je me suis mise devant et j'ai été enthousiasmée par le résultat... Je n'ai jamais fait l'article... Depuis je ne cesse de faire du sténopé ou du Holga... Je trouve le résultat fascinant.

Sténopés d'Odile Gicquel - Pieds
Mes pieds pour l'équilibre (Odile Gicquel)


L.D. : Comment expliquez-vous le fait de ne pas vous être lassée de cette technique avec le temps ?
O.G. : Pourquoi je continue ? Tout simplement : je m'amuse comme une gosse. Chaque sténopé me comble ou me déçoit, me surprend tout le temps. Cette non maîtrise du matériel, du cadrage, de la lumière... et le résultat onirique qui me surprend encore à chaque fois.

L.D. : Votre site web est consacré à un travail très expressif sur le corps.
Que diriez-vous de votre démarche ?
O.G. : En noir et blanc, je n'ai fait que des morceaux de corps :
- Mes pieds, en premier, car c'est sur eux que tout repose et non sur ma tête... Mes pieds sont stables et solides. Je leur rends régulièrement hommage.
- Mes mains qui bougent tout le temps et font le lien avec le reste du corps ou avec le monde extérieur.
- Enfin, ma tête... mais rarement  paisible.
- Puis mes racines ou mes sténopés couleur, teintes pastel. J'y suis entière mais transparente. J'aurais pu l'intituler "mes fantômes", ceux qui m'accompagnent depuis longtemps.

Site web d'Odile Gicquel
Le site web d'Odile Gicquel propose à l'internaute une "navigation anatomique" plutôt originale.


L.D. : Vous figurez sur l'intégralité de vos images. L'autoportrait est-il un choix artistique ? Ou bien est-ce simplement plus commode pour avoir à sa disposition un modèle sincèrement enthousiaste, fidèle et qui ne vous posera pas de lapin, à savoir, vous-même ?
O.G. : J'ai commencé avec moi comme modèle parque c'était pratique. Et puis les résultats n'étaient pas forcément flatteurs. Il m'aurait été difficile de trouver un modèle. Je me suis faite piégée par cela, y ai pris du plaisir et maintenant, ce face à face avec ma boîte noire m'est indispensable. Un drôle de miroir !

L.D. : Vous présentez des tirages photo sur draps et sur toile. Je trouve le résultat très réussi. Quelle était votre démarche ?
O.G. : La recherche de la "transparence" a été mon moteur pour réaliser mes voiles. J'ai la même démarche pour mes sténopés couleur. Je continue... Cette obsession n'est pas encore satisfaite...

Sténopés d'Odile Gicquel - Voiles
Odile Gicquel a réalisé sur la base de ses sténopés des tirages organiques de toute beauté sur des voiles et des toiles. Magnifique.


L.D. : Pouvez-vous nous parler de vos appareils sténopé ?
O.G. : Mes boîtes sont toutes du bricolage à partir de cartons ou à partir de vieux appareils bricolés (pour la couleur).

L.D. : Lors d'une séance photo au sténopé, comment évaluez-vous le temps de pose nécessaire ?
O.G. : Le temps de pose va de 7 à 45 secondes, en fonction de la saison et du soleil. Toutes mes prises de vue sont au soleil. La lumière, rien que la lumière est ma devise ! Celle du soleil, c'est encore mieux. Photographier signifie écrire avec la lumière. Je l'ai compris avec le sténopé qui me permet de réaliser ces sculptures de lumière et de hasard.

Odile Gicquel - Appareil sténopé
Un des appareils sténopé en carton d'Odile Gicquel


L.D. : Au cours de séances en extérieur, quelle est la réaction des passants ?
O.G. : Les autres... quand ils me voient poser dans la rue... s'arrêtent... et prennent de la distance ! Ils choisissent de s'éloigner plutôt que d'être contaminés des fois que ce serait contagieux... à part quelques exceptions qui osent s'approcher et poser des questions.

 

Propos recueillis par e-mail en novembre 2009.

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A propos du post posthume  (Une idée, une question !) posté le jeudi 05 novembre 2009 23:31

Aujourd'hui, j'ai appris la mort d'une bloggeuse.

Je ne la connaissais pas.

Seulement, apprendre la mort d'une personne qui laisse derrière elle des preuves de son existence passée rend la mort bien plus réelle.

Vous l'avez peut-être deviné : les preuves de l'existence de cette jeune femme est un blog. Un blog rempli de ses écrits enthousiastes et bourré de photos. Des photos d'elle souriant à pleines dents.

Ce qui m'a touché, au-delà de cet événement auquel aucun d'entre nous n'échappera, c'est le dernier billet laissé sur ce blog orphelin : un article rédigé par un proche annonçant avec une émotion contenue la nouvelle et la cérémonie funéraire.

A la lecture de cet article, j'ai pensé que si je devais mourrir prochainement, même si je ne serais pas là pour m'en soucier, cela me ferait mal d'avoir comme ultime article un billet anecdotique et sans consistance. Je voudrais un billet de clôture digne de ce nom, pour avoir le mot "fin" dans mon journal.

Ca peut paraître à la fois sombre et stupide comme idée mais je ne trouve pas cela plus bizarre que de se balader avec une carte de donneur d'organe. Alors je vais sans doute confier les codes d'accès de mon compte ArtBlog à une personne de confiance, au cas où.


Sténopé : PinholeDay 2009
Détail d'un sténopé pris lors du PinholeDay 2009 que j'avais pourtant décidé de ne pas publier ^^


En attendant, je vais continuer à vivre.

Savourons notre privilège que d'être vivants.

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Jacques Prud'homme expose ses sténopés au Club de la Presse de la Loire, à Saint-Etienne  (Evénements) posté le mardi 03 novembre 2009 23:10

Tout est dans le titre ou presque !

Jacques Prud'homme, le célèbre sténopiste qui opère à la canette de bière, expose une fois de plus, et c'est tant mieux. ^^

Cette fois, cette exposition aura lieu au Club de la Presse de la Loire du 5 au 27 novembre 2009 à Saint-Etienne, ville à laquelle Jacques Prud'homme ne cesse de rendre hommage dans ses clichés.


Expo Sténopé : Jacques Prud'homme


Horaires d'ouverture du Club de la Presse de la Loire :
- Lundi : 14h à 18h
- Mardi à jeudi : 9h30 à 12h30 /14h à 17h
- Vendredi : 9h à 13h

Bonne expo ! ;)

Pour en savoir plus sur Jacques Prud'homme, voici quelques liens :
> Son
blog "Photo sans objectif"
> Son ouvrage Saint-Etienne autrement publié aux Editions Jarjille
> La petite interview qu'il m'a accordée l'année dernière ^^

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Expo sténopé "Les 4 éléments" : besoin d'inspiration ?  (Evénements) posté le mardi 20 octobre 2009 22:34

Début juillet, le Centre Culturel André Malraux du Bourget lançait un appel à participation pour la 4ème exposition internationale de photographie au sténopé qui se déroulera au Bourget puis à Barcelone en 2010.

Cette 4ème exposition mettra à l'honneur les 4 éléments à travers des séries de 4 photos, d'où le nom de code "4.4.4." pour cet événement. Blog de stenope : Blog Sténopé, Expo sténopé "Les 4 éléments" : besoin d'inspiration ?

La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 31 décembre 2009. Il reste donc moins de 3 mois pour se lancer ou achever le travail ! 

Je travaille d'arrache-pied depuis des moins sur ce projet. C'est une sorte de défi pour moi car je n'ai jamais exposé mon travail ni réussi à produire de série. Je suis encore loin d'avoir terminé même si j'avance un peu chaque semaine. Blog de stenope : Blog Sténopé, Expo sténopé "Les 4 éléments" : besoin d'inspiration ?

L'exercice est loin d'être facile devant l'apparente simplicité du thème. Et puis, n'oublions pas qu'en photo et à plus forte raison en sténopé, la lumière est notre ressource ! Une ressource qui se raréfie au fil des jours, à l'approche de l'hiver avec une météo qui se montre favorable quand elle le souhaite !

Alors pour les courageux qui voudraient s'y mettre maintenant, si vous avez besoin d'un peu d'inspiration, je vous recommande l'achat de cet ouvrage : 

Livre "Les quatre éléments"

Les Quatre Eléments,
symboles et modernité de l'eau, l'air, la terre et le feu
Anne et Fabian Da Costa, Editions de Vecchi
111 pages, 14,90€


Ce livre est un des rares bouquins que j'ai pu trouver sur le sujet.
C'était bien la première fois que je mettais les pieds au rayon "Esotérisme" de la Fnac parmi les bouquins consacrés aux revenants, aux spiritualités douteuses et autres grigris !

Assez court, l'ouvrage entre rapidement dans le vif du sujet : les quatre éléments sont traités en long en large et en travers. On y apprend qu'ils ont des formes, des caractères humains, on découvre ou on redécouvre les mythes et légendes qui y sont associés aux quatre coins du monde. Leur place dans nos vies est traitée au même titre que les stigmates qu'ils portent sur le plan environnemental (pollution atmosphérique, raréfaction de l'eau, gaspillage des énergies, agriculture surproductrice etc.)

Certains passages m'ont davantage captivé que d'autres mais il est clair que dans le cadre de la réponse à cet appel à participation, cela peut donner de nombreuses idées ! Blog de stenope : Blog Sténopé, Expo sténopé "Les 4 éléments" : besoin d'inspiration ?

Sinon, il y a toujours les bonnes vieilles chansons des Minikeums ! ^^
L'eau, le feu, le vent. Ca ne vous dit rien ? :P

Petit cadeau pour ceux qui font partie de la Minikeums Génération ^^

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