En vue d'une séance de sténopé prévue au cimetière du Père-Lachaise avec Laurent, un modèle qui m'avait fait l'honneur de poser pour plusieurs portraits au fusain, j'ai effectué la semaine dernière une petite séance de repérage.
J’avais déjà improvisé les années précédentes deux séances photo, avec un appareil numérique, au cimetière du Père-Lachaise. Les conditions climatiques n’avaient pas été des plus optimales. Je n’avais donc obtenu rien de bien exploitable. Je n’écrirai pas que tout a changé avec cette séance de sténopé. Mais celle-ci s’annonçait sous de meilleurs auspices car le ciel était dégagé et le soleil, bien présent, rendait de beaux jeux d’ombre et de lumière sur les lieux.
Si j’ai toujours beaucoup apprécié le travail de nombreux photographes consacré au Père-Lachaise, à commencer par celui de ma sœur, je n’ai pas été particulièrement inspiré durant cette séance. Je me suis donc plutôt résigné à "faire des tests" en choisissant les sujets les moins inintéressants possibles. Je suis pourtant persuadé que ce cimetière regorge de trésors de beauté. Encore faut-il savoir bien observer et bien composer ses photos !
Comme la tradition le veut, l’évaluation des temps de pose n’a pas été optimale. Les photos sont soit surexposées soit sous-exposées mais une "image" est visible et plus ou moins rattrapable sur Photoshop dans 8 cas sur 9 !
Sur ce blog, je traite souvent le sujet de l’évaluation des temps de pose.
Il est pourtant un autre point à ne pas négliger en sténopé : la position de l’appareil vis-à-vis de son sujet, et plus particulièrement la prise en compte du très grand angle du sténopé qui éloigne le sujet et accorde une place plus importante à tout ce qui se rapproche le plus de l’appareil.
- Contre-exemple n°1 :

Pour cette photo, je ne souhaitais pas spécialement prendre la plaque d’égout ni la fontaine à eau mais bien la sépulture reléguée à l’arrière-plan ! Il aurait fallut approcher l’appareil et l’incliner davantage en arrière, en s’assurant qu’aucun autre élément n’entre dans son champ de vision.
- Contre-exemple n°2 :

Ici, je souhaitais photographier le couple sur le banc... Vous ne le voyez pas ?
Voici un détail de la photo pour vous aider un peu. ;)

Ici, il aurait fallut approcher l’appareil mais voilà… mes modèles ne savaient pas qu’ils posaient pour moi, donc il m’était assez difficile d'être plus près et discret en même temps !
Il aurait donc fallut éviter cette photo… ou trouver des modèles consentants ! 
- La croix

Cette photo est loin d’être parfaite mais je l’aime bien. 
Les lignes rigides de la croix s’opposent au mouvement circulaire du feuillage.
La vie et la mort semblent se confronter... Sinon, l’angle de prise de vue et le cadrage pourraient éventuellement suggérer la mort du spectateur lui-même qui semble tomber à la renverse...
Bon, arrêtons-nous là-dessus pour l'analyse. :P
- Pour finir, ma préférée

Pour cette photo, j’étais déjà plus emballé que pour les autres.
Le résultat me paraît intéressant et présente une composition qui se tient.
Le temps de pose d’une minute n’a pas été suffisant malgré la forte luminosité.
La retouche des niveaux, des courbes et des contrastes a donc été nécessaire mais n'a pû être poussée davantage pour limiter une trop grande dégradation de l'image. J’envisage un retour sur les lieux pour obtenir un meilleur résultat.
Ci-dessous, la même photo, prise avec un appareil numérique.

Nous constatons ici les différences entre le sténopé et la photo « traditionnelle », notamment le très grand angle du sténopé.
Bizarrerie du sténopé à noter : j'ai pris une autre photo en format à l'italienne cette fois avec un autre appareil (conçu avec le même type de boite) et un temps de pose identique pour obtenir... une image beaucoup plus sombre.
Alors, on aura beau multiplier les séances, souvent, je ne peux m'empêcher de penser qu'en sténopé aussi, la vérité est ailleurs !




