Ce soir, j'avais envie d'écrire un article !
Je n'ai pas (encore) de nouvelles photos à proposer, et un
peu la flemme de rédiger un mot sur le développement des négatifs
que j'ai prévu d'écrire (mais promis, ça viendra pour ceux que
ça intéresse).
J'avais bien envie de vous parler de l'actualité.
Pas de la crise financière dont on nous rebat les oreilles mais
plutôt du Mois de la Photo qui démarre demain !
Comme indiqué sur le site de la Maison Européenne de la Photographie,
l'événement qui "a lieu en novembre, tous les deux ans, les années
paires [est] l'occasion de présenter de nombreuses expositions et
d'organiser des projections, des rencontres et des débats".
Mais voilà. Aussi bizarre que cela puisse paraître venant d'un
apprenti sténopiste, la photographie a beaucoup de mal à
susciter mon intérêt. Je m'intéresse avant tout à la peinture, et
pour moi, le sténopé est une technique
picturale (oui je sais, c'est bizarre :P).
Le travail de Sarah Moon qui participe au Mois de la
Photo 2008 m'interpelle cependant. J'irai peut-être faire
un saut à la Galerie
Camera Obscura qui présente ses créations.
Bref, il fallait que je trouve de quoi noircir cette page
web.
J'ai donc souhaité faire un petit retour en
arrière vers ma toute première séance de
sténopé.
Toute première pas vraiment, puisque mon premier contact avec un
appareil sténopé s'est
produit plusieurs semaines auparavant : mon père
avait bricolé, en deux temps, trois mouvements, un appareil qui a
donné très vite des résultats. J'ai donc fait des essais en sa
compagnie. Je ne parviens malheureusement plus à mettre la main sur
ces clichés qui n'étaient pas dénués d'intérêt...
Mais voilà, ce n'était pas MON appareil (et donc pas
vraiment mes photos).
J'avais besoin de créer de mes mains la boîte magique avec laquelle
j'allais donner naissance à des images.
Donner naissance à des images, quelles qu'elles
soient, était un objectif déjà ambitieux.
Ma première tentative avec un appareil "made by me" fut un
désastre.
Au mieux, mes négatifs présentaient des tâches noires sur
fond blanc...
J'avais utilisé une boite en carton épais et noir qui m'avait
semblé un bon choix.
La St Laurent m'a finalement porté
bonheur.
Le 10 août, mon premier appareil sténopé
opérationnel, en métal cette fois (devenue ma boîte fétiche) a
donné naissance à de premiers images : c'est avec émotion que
j'ai vu apparaître un feuillage sur le papier, sous l'effet du
révélateur (ah les joies du labo !).

Il s'agit tout bêtement de la rue, vue de la fenêtre
de mon appartement.
J'ai laissé volontairement le gris bleuté dominant laissé
par le scan.

La même vue, à l'italienne cette fois.
Impossible de manquer la trace de la pince !

Ici, la vue depuis la fenêtre de ma chambre.
Le plein soleil et les parois métalliques de ma boîte ont donné ces
reflets très marqués.
Pour ces photos, je n'avais pas pris soin de poser
de gaffeur sur les zones susceptibles de laisser
passer la lumière (en dehors du sténopé bien sûr !).
Cela explique la présence de lumière parasite qui ressemble
curieusement à des volutes de fumée, en particulier sur la deuxième
photo.
Ces photos n'ont pas d'intérêt particulier (il ne s'agissait que de
tests).
Cela dit, elles m'interrogent sur ma façon d'aborder
le sténopé et d'exploiter ses défauts.
Doit-on forcément assurer l'étanchéité parfaite d'un appareil
sténopé ?
Faut-il à tout prix peindre en noir mat l'intérieur de nos boîtes,
et recouvrir leurs parois de gaffeur ?
Faut-il chercher la perfection dans une technique qui laisse tant
de place au hasard, aux heureux accidents et à la créativité ?
À défaut de vivre pleinement le Mois de la Photo, ces questions pourraient m'occuper tout un mois de novembre ! ;)





Laurent
dim 02 nov 2008 20:46