Il est beau, il est grand, il a les pieds sur terre et une tête
bien faite.
Son "appendice" permet de pratiquer les positions les plus
fantaisistes !
Quand je l'ai rencontré, ce fut le coup de foudre et j'ai largué
l'ancien sans tarder !
Je parle évidemment de mon nouveau trépied :
le trépied Manfrotto 190XPROB et sa rotule
804RC2 !
Depuis 5 ans, j'utilisais un trépied Bluesky (15 euros, housse
comprise) : un accessoire d'entrée de gamme qui m'a rendu
service mais qui restait limité.
C'est mon amie Willène qui
m'a convaincu d'investir dans du matériel de qualité. Non par
principe mais parce que l'achat d'un trépied plus perfectionné
s'imposait sans que je le réalise vraiment. Il faut dire que quand
on pratique le sténopé, l'achat d'un trépied pro ne va pas de
soi !
J'avais besoin d'un trépied plus grand, ne serait-ce que pour
offrir à mes modèles le privilège de... s'asseoir sur une
chaise et non sur le sol ! Je souhaitais
également un trépied plus stable qui ne s'envole pas au moindre
coup de vent. Enfin, je voulais gagner en souplesse
d'utilisation.

Photo : Amazon.fr
Le trépied Manfrotto 190XPROB est plus lourd que
mon ancien trépied, donc plus stable mais pas trop lourd non plus
pour un transport facilité (1,8 kg, le trépied sans rotule).
Il peut monter jusqu'à 1m58. Il dispose de pieds indépendamment
inclinables (4 angles d'écartement disponibles) et d'un
niveau à bulle. Surtout, il comprend une colonne centrale que l'on
peut déployer à la verticale et à l'horizontale, offrant une grande
souplesse d'utilisation, pour des angles de prises de vue jusqu'ici
inaccessibles avec mon ancien trépied.

Photo : Amazon.fr
La rotule Manfrotto 804RC2 qui se monte sur le
trépied offre elle aussi une grande souplesse : avec ses 3
poignées, il est possible de faire tourner l'appareil photo à 360°,
d'avant en arrière et latéralement. L'utilisation de ces poignées
est facilitée par l'indication des degrés (+90° à -30°) pour une
inclinaison maîtrisée. La rotule dispose elle aussi d'un niveau à
bulle.
Bien sûr tout ceci peut paraître abstrait quand on n'a pas touché à
la bête !
En tout cas, il s'agit d'un modèle réputé que je ne peux m'empêcher
de vous recommander chaleureusement si vous recherchez un trépied
photo de qualité !
Je ne remercierai jamais assez
Willène et Alexis qui m'ont généreusement conseillé et Amazon
aussi, qui m'a permis d'acquérir ce kit trépied+rotule 100 euros moins cher que
dans certaines boutiques !
Mon nouvel amour ! posté le mercredi 07 septembre 2011 01:25
Argentique contre numérique : pourquoi tant de haine ? (Une idée, une question !) posté le mardi 06 septembre 2011 01:50
Quand on parle de photographie au sténopé, il est
difficile d'échapper à une comparaison avec le
numérique.
Ceci est assez inévitable dans la mesure où la pratique du sténopé
ou de la photographie argentique en général reste anecdotique
comparée à la pratique du numérique.
Cette comparaison argentique / numérique va même jusqu'à la
confrontation : l'adepte de
l'argentique n'est pas toujours très tendre avec le
numérique.
Mais pourquoi tant de haine ?
Le numérique est-il trop populaire ?
En quelques
années, le numérique s'est imposé et règne sans partage ou presque
sur le marché de la photographie. Ainsi, sa popularité l'expose
assez logiquement à de vives critiques car nous sommes enclins à
rejeter ce qui fait l'unanimité ou du moins rencontre un trop vif
succès. Pour établir un parallèle avec un tout autre domaine - la
littérature - il est de bon ton de tirer à boulets rouges sur
Amélie Nothomb, qui a l'impudeur de vendre trop de
livres !
Le numérique est-il
trop accessible ?
Le développement du numérique
a permis de démocratiser la pratique de la photographie. Ainsi,
elle est plus abordable, elle n'est plus réservée à une élite de
techniciens experts. Le photographe est sérieusement concurrencé :
le photographe de mariage est bien souvent remplacé par un(e)
ami(e) qui manie habilement son reflex numérique.
Le numérique est-il
victime de la technophobie ?
Qui dit numérique
dit "ordinateur". Rejeter le numérique, c'est souvent rejeter plus
généralement l'innovation, la machine comme outil par opposition au
travail manuel. Une nostalgie, à mon sens, alimentée par une
méconnaissance de ces techniques ou un refus de se les approprier.
C'est une manière de se démarquer aussi.
Mon père qui a travaillé très tôt en numérique au milieu des années
1990 avait dû faire face à cette hostilité naissante. Aimant à la
fois travailler en argentique et en numérique selon les envies et
les résultats souhaités, il refusait d'entrer dans ce type de débat
qu'il jugeait stérile.
Car finalement, qu'est-ce qu'une technique artistique sinon un moyen au service d'un résultat ? Comme le dit mon amie Willène, l'essentiel réside dans ce que l'on fait de la technique que nous utilisons.
En effet, pouvons-nous réellement statuer sur la supériorité
d'une technique par rapport à une autre ? La sculpture
vaut-elle mieux que la peinture ? Il me semble impossible
de se positionner sur ce type de débat.
En revanche, la question "Cette technique répond t-elle à
mes attentes, au rendu que je souhaite obtenir ?" me
parait plus pertinente.
Ainsi, les photographes de tous bords devraient pouvoir se côtoyer,
former une ronde enchantée et s'aimer pour un monde meilleur,
non ?
Et vous ? Qu'en
pensez-vous ?
Avez-vous une sainte horreur du numérique / de
l'argentique ?
Croyez-vous en la supériorité intrinsèque de l'argentique ou du
numérique ?
Daniel Nowak et sa caravane magique (entretien) (Interviews) posté le dimanche 28 août 2011 01:50

Photo : Daniel Nowak
Grâce à Flickr, j'ai découvert le travail du photographe
Daniel Nowak qui organise des ateliers sténopé dans une drôle de
caravane (baptisée Fata Morgana) faisant office de camera obscura
(chambre noire dans laquelle la lumière est projetée sur une
surface plane, formant une image en deux dimensions).
Souhaitant en apprendre davantage, je lui ai posé quelques
questions.
Laurent Diaz : Pouvez-vous vous présenter en quelques
lignes ?

Autoportrait à l'escalator (sténopé
de Daniel
Nowak)
Daniel Nowak : J'ai 43 ans, pacsé, trois enfants, un poisson rouge,
deux chats, une brouette, une visseuse 18 V, sept serpillères,
vingt-sept petites cuillères... et je suis photographe-auteur
depuis 18 ans.
Attiré très tôt par l'image et la photographie, à 16 ans, je suis
responsable du club-photo du lycée, à 18 ans, je pars en formation
de laborantin, à 19 ans, je travaille une année comme tireur noir
et blanc puis à 20 ans, j'effectue mon service militaire aux
services photo des armées.
Parallèlement, je commence une formation aux beaux-arts de Lyon :
je deviens titulaire du Diplôme National Supérieur Expression
Plastique. Etudiant, je travaille en soirées et week-ends comme
tireur sur machine et vendeur dans une boutique de façonnage. Je
m'affilie à l'Agessa en 1993 et travaille pour les collectivités
locales, les entreprises, les associations...
En 1999, naît 'ERO, un
collectif de photographes qui ne pratiquent qu'en argentique et
dans l'esprit des photographes de rues.
En 2010, je fonde Fata
Morgana, association ayant pour but la promotion et la
diffusion de la pratique de l'art photographique dit "pauvre" ou
"archaïque".
L.D. : Parlez-nous de votre rencontre avec le
sténopé.
D. N. : J'ai découvert le sténopé aux beaux-arts : je ne m'y suis
pas arrêté, trop imprécis, pas assez net, trop aléatoire. Bref,
c'était l'outil contraire à mes travaux de l'époque...
Au moment du "passage au numérique", je n'arrive pas à trouver mes
marques avec la photographie à l'ordinateur, les heures passées,
vissé devant un écran, le coût de l'outillage, les viseurs étriqués
des premiers reflex, leur obsolescence trimestrielle...
L'instantanéité de l'image m'avait dépossédé de la délicieuse
angoisse de l'incertitude du résultat ! Je continue à
pratiquer l'argentique, à développer et tirer en moyen et grand
format mais aussi en utilisant des appareils exotiques ou
anciens.
Depuis 5 ans, j'ai redécouvert le sténopé grâce à un des membres du
collectif 'ERO. Il est arrivé en réunion avec un appareil sténopé
Zero Image et des tirages. Ce fut un choc ! J'avais oublié le
sténopé et là, j'ai appris que l'on vendait des appareils sténopé
voire même des trous ! En lui empruntant son Zero Image, je goûte
enfin à la véritable angoisse de l'incertitude du résultat sans
aucune contrainte technique ! C'est l'antidote au numérique ! Un
simple trou, pas de viseur. Une façon d'agir sur la temporalité de
l'existence ! Ma compagne m'en offre un : depuis, je ne m'en sépare
quasiment jamais. Il me suit sur les reportages et même en
vacances. J'ai appris grâce au sténopé à regarder autrement !
Images floues, bougées, imprécises, j'ai compris après plus de 20
années de photo qu'une image peut avoir un sens en ayant un aspect
essentiellement narratif.

Appareils sténopé de la marque Zero Image (source
: www.zeroimage.com)
L. D. : Vous organisez des ateliers consacrés à la
formation d'une image autour d'une drôle de caravane. Pouvez-vous
nous expliquer votre démarche ?
D. N. : J'ai animé quelques ateliers sténopé avant la caravane mais
je voulais faire vivre l'expérience de la camera obscura, faire
comprendre comment se forme une image. Depuis 2 ans, je transforme
une des tours du château de Montbéliard en camera obscura. Elle est
ouverte au public pour la journée internationale du
sténopé.
Une journée par an, ce n'était pas suffisant. L'image doit aller
dans la rue et non s'enfermer dans les galeries, les musées et
encore moins dans les tours de châteaux. La caravane est le symbole
de ce nomadisme !
La caravane est présente dans les marchés de la ville, les
manifestations sportives, les fêtes de quartier, en centre-ville ou
en plein champ ; et de façon plus conventionnelle, à la fête de la
science ou en milieu scolaire. L'idée de départ étant que la
caravane soit là où on ne l'attend pas !

Ci-dessus, deux
photographies prises à l'intérieur de la caravane par Daniel Nowak.
Son environnement se projette en une image inversée horizontalement
et verticalement sur une surface plane. C'est le principe de la
camera obscura.
L. D. : Comment l'expérience est-elle accueillie par le
public ?
D. N. : D'abord, l'esthétisme de la caravane amuse, puis la
curiosité s'installe pour laisser place à l'incrédulité. Qui ose
monter dans la caravane est touché par la grâce ! C'est pour
certains une expérience déconcertante. Les réactions vont du rire à
la peur. C'est pour la plupart des participants une expérience
qu'ils n'ont jamais vécu. La simplicité du procédé déroute. Comment
un simple trou peut-il "faire" une image ? Au final, le plus
délicat est l'instant où les occupants doivent sortir : c'est
difficile tant le spectacle est hypnotique.
L. D. : La préparation de la caravane semble être un
véritable chantier en soi. Pouvez-vous nous en dire un mot
?
D. N. : Oui, ce fut une aventure humaine avant
d'être un chantier. Depuis 2 ans je réfléchissais à ce projet. Je
savais que je n'y viendrais pas à bout seul. C'est d'abord ma
compagne et mes enfants qui ont tenté de me ramener à la raison.
Ils me connaissent mieux que moi et savent que sur la distance, je
m'essoufle toujours... J'ai cherché celles et ceux qui avaient déjà
fait ce type de projet. J'ai recensé une dizaine de projets
similaires en Europe, dont le duo Felner et Massinger.
Pour construire la Fata Morgana, il fallait de l'argent. J'ai
présenté 3 projets différents à la ville de Montbéliard et
travaillé sur le dossier avec les services culturels. Même si mon
travail de photographe est reconnu, j'ai eu du mal à ne pas passer
pour un hurluberlu : difficile d'être crédible en prétendant faire
des photos avec une caravane !
A un moment, devant les difficultés, j'ai pensé lancer le projet
sur mes fonds propres. C'est à ce moment là que les choses se sont
débloquées. La caravane s'est essentiellement construite avec
Denis
Lucaselli, plasticien et bricoleur de génie. Lui non plus, il
n'était pas trop d'accord au départ, mais devant ma détermination,
il a fini par y croire aussi et accepter de me conseiller et me
donner un coup de main.
J'avais une idée très précise de ce que je voulais en termes
d'aménagement, fonctions et décoration. Cette partie à été laissée
à Olivier Rouet, autre plasticien, omni-praticien, capable de faire
sortir des fleurs d'un tas de fumier ! C'est lui qui a commis la
peinture de la Fata Morgana. Il a fallu le canaliser tant il
débordait d'idées et d'envies.
Fata Morgana - La mise en
peinture
J'ai passé presque onze mois sur le projet, de l'achat à la
première sortie. Bien sûr, pas à temps complet, mais en y réservant
des soirées, nuits, matinées, après-midis, samedis et dimanches,
souvent au détriment de ma vie de famille et de mes amis. J'ai dû y
passer environ 500 heures.
Val!N est mosaïste à ses heures. Je lui ai demandé de me faire
un petit quelque chose à fixer sur la carrosserie. Elle a fabriqué
six objets en miroir découpé qui renforcent l'aura lumineuse de la
Fata Morgana.
Au total, nous sommes 6 à avoir œuvré sur la Fata Morgana. Il
a été nécessaire de la reconstruire entièrement, le plancher et les
cloisons étaient pourris, complétement pourris ! Elle aura couté 5
000 € à l'association (achat de la caravane, assurance et
matériel pédagogique embarqué) mais elle est faite pour durer 10
ans.
Du matériel de récupération à été utilisé car le bois et la
visserie coûtent cher. J'ai essayé de me servir de matériaux
fabriqués en Europe, construire "local" le plus possible sans
comprendre pourquoi les lattes en sapin du Jura coûtent plus cher
que les lattes du Brésil, pourquoi l'interrupteur électrique
fabriqué à Orléans coûte plus cher que son cousin chinois, mais de
même marque ! Comment des objets qui voyagent sur des milliers de
kilomètres peuvent-ils être vendus 2 à 3 fois moins cher que les
mêmes fabriqués dans le département voisin ? J'ai fait part de mes
interrogations sur le capitalisme, l'économie, la politique, la
culture, les sentiments et l'amour, tout au long de la construction de la caravane sur le blog de la Fata
Morgana.
L. D. : Comment souhaiteriez-vous voir évoluer ce beau
projet ?
D. N. : Je prépare pour septembre une série de paysages urbains
pour la journée internationale du sténopé de 2012. L'idée est de
réaliser avec la caravane dix grandes images sur la ville de
Montbéliard, ces photos seront exposées dans la rue l'an prochain
pendant deux semaines.
A l'intérieur de la Fata Morgana, un laboratoire argentique et un
point multimédia doivent être aménagés. Des pistes de travail se
dessinent avec des compagnies de théâtre, dont une qui désire
utiliser la caravane en mouvement, avec des spectateurs à
l'intérieur. L'image étant inversée, les sensations de mouvement le
sont aussi. Vous sentez que vous allez en avant mais l'image va en
arrière : vous êtes déstabilisé !
Des artistes ont pris contact avec l'association pour y faire des
performances : l'un voudrait y tourner des scènes érotiques, un
peintre voudrait l'utiliser pour dessiner à la façon de Vermeer,
une photographe voudrait y faire des photogrammes, des musiciens y
tourner un clip... Bref, il y a des projets, des idées, des envies,
mais pour le moment, surtout beaucoup de bavardages...
Au fond, je ne m'attends à rien, c'est la meilleure façon de ne pas
être déçu ! Et si des choses doivent se faire, alors elle se
feront... L'outil existe, expérimentons et amusons-nous !

Photo : Daniel Nowak
L. D. : Comment être tenu informé des prochains passages de
la caravane et comment y participer ?
D. N. : Toutes les infos sont sur le site de
l'association Fata Morgana : il y a un calendrier, un
descriptif des ateliers et les tarifs des différentes
prestations.
Bien sûr, l'association recrute des membres, nous sommes 6 pour le
moment, mais nous sommes ouverts. Il suffit de vouloir s'investir
un peu et d'être attiré par la photographie dite archaïque.
Propos recueillis par e-mail en août 2011.
3ème Festival d’art contemporain de Saint-Florent sur Auzonnet (suite) (Mes séances photo) posté le mercredi 17 août 2011 00:30
Dans mon premier article consacré au 3ème
Festival d'art contemporain de Saint-Florent sur Auzonnet
auquel j'ai participé en juillet, je vous ai présenté les 7
artistes avec lesquels j'ai vécu cette petite aventure d'une
semaine. Il est désormais temps de passer à ma
bobine ! :P
J'étais donc invité en tant que photographe sténopiste, tout comme
une certaine Christiane Sintès l'an passé. En intégrant
le sténopé deux années de suite au programme du Festival,
l'association organisatrice a, en quelque sorte, reconnu la
richesse de cette technique : il ne s'agit pas seulement d'un
procédé archaïque qui émerveille mais surtout d'un moyen
d'expression à part entière, avec lequel il est possible de
produire des œuvres très différentes comme en sculpture ou en
peinture.
Ainsi, en 2010, Christiane Sintès avait travaillé autour du paysage
avec un sténopé Polaroid.
De mon côté, j'avais prévu de réaliser des portraits avec mon
fidèle Agfa Clack sténopé !
Mon atelier
Alors que mes camarades travaillaient
dans les salles de classes de l'école désaffectée qui nous était
mise à disposition, j'occupais l'ancien réfectoire transformé en
salle polyvalente.
Dans cette grande pièce, j'ai installé une table près d'un évier
pour mes développements (j'ai travaillé quasi exclusivement à la
pellicule). Au fond, sur l'estrade, j'ai improvisé un studio photo
pour la prise de vue et installé un bureau pour la retouche.
J'avais également accès à une "pièce noire" pour le développement
des négatifs papier et la mise en cuve des pellicules (laquelle
doit se faire dans le noir complet).
Bref, j'avais beaucoup de place et je pouvais laisser mon atelier
tel quel chaque soir avant de partir. Pas besoin de tout
débarrasser, ce qui est malheureusement inévitable quand on fait du
développement dans ses toilettes ou sa cuisine !

Les éprouvettes n'étaient pas en nombre suffisant.
J'ai donc développé avec des bouteilles en plastique décapitées. Et
ça fonctionne très bien ! ^^

Une pellicule à faire sécher ? Il suffit de caler
une grille de réfrégirateur avec une pierre au-dessus d'un meuble
de cuisine, et le tour est joué ! :D

Sur l'estrade : mon studio photo et mon bureau de
retouche ! La classe ! :D

Un tableau d'école m'a permis de dresser un tissu
noir pour l'arrière-plan de mes portraits. D'autres tissus noirs
étaient à disposition en cas de besoin. Pour poser, mes modèles
devaient s'asseoir sur le sol et se caler sur une boîte en carton,
elle-même calée sur des chaises calées
sur le mur pour être bien stables (tout un système !).

Une fois mes pellicules développées et séchées, je
pouvais les scanner pour effectuer les retouches nécessaires à la
palette graphique.

La fameuse "pièce noire" dans laquelle je pouvais
développer des négatifs papier à la lumière inactinique et mettre
en cuve mes pellicules avant développement. La pièce était
suffisamment grande pour accueillir un groupe de
visiteurs.


Pour obtenir une obscurité parfaite, j'ai dû opérer
quelques aménagements : utiliser un grand carton et un rideau
trouvés dans l'école pour occulter la lumière passant à travers les
portes, puis donner quelques coups de peinture noire et de gaffer
sur les zones stratégiques.
Découverte du révélateur en poudre
Pour travailler, l'association organisatrice nous a fourni le
matériel nécessaire.
Ayant l'habitude d'utiliser du révélateur liquide, je me suis
retrouvé confronté à du révélateur en poudre !
C'était l'occasion ou jamais de tester ce
produit !
Le premier défi consistait à trouver le mode d'emploi...
En lisant les inscriptions sur la boîte, je ne trouvais pas
grand-chose à l'exception de nombreuses mises en garde concernant
la dangerosité du produit.
Morceaux choisis :

Après avoir retourné le problème dans tous les sens, j'ai découvert
la marche à suivre imprimée... à l'intérieur de la boîte. Pourquoi
pas...
Rien de bien sorcier : il y a deux sachets de poudre nommés A
et B. Il s'agit de diluer dans de l'eau chaude (40°C) le sachet A
puis le sachet B et d'attendre que la température de l'eau se
stabilise (à 20°C idéalement) avant d'utiliser le révélateur (de
préférence environ 8h après l'avoir préparé, ce que j'ai appris
plus tard...).
Il est même possible d'utiliser jusqu'à 3 fois le même révélateur
dans un délai de 24h en prenant le soin d'ajouter 10% de temps
à la durée du bain de révélation du développement précédant. Ainsi,
si avec un révélateur neuf, le bain de révélation dure 9 minutes,
le bain du deuxième développement durera 9 minutes 54 secondes
(9min +10%) et celui du troisième et dernier développement, 10
minutes 53 secondes (9min54 + 10%).
Les portraits réalisés pendant la résidence

Jérôme, un de nos peintres, a passé la semaine à
nous croquer les uns après les autres. Sur cette toile, c'est moi
la vedette ! :P En pleine séance photo avec Roland dans un premier
temps, puis au développement. C'est bien d'avoir des souvenirs en
photos mais en peinture, c'est encore mieux !
Ayant l'habitude de prendre des photos dans des lieux très
différents, j'allais devoir adapter mon travail aux contraintes qui
m'étaient imposées : un lieu fixe pendant une semaine.
Pratiquer la photo de paysage était tentant vu que j'allais
séjourner dans le Gard mais cela n'a jamais été mon truc. Le
développement des sténopés pris à Etretat juste avant mon départ
me l'avaient d'ailleurs confirmé !
J'allais donc faire du portrait. Je suis parti avec cette idée en
priant pour avoir des modèles volontaires.
C'était un peu risqué mais je n'avais pas trop le
choix !
Pendant une semaine, j'ai réalisé des portraits dans l'esprit de
ces images produites fin 2010 :

J'ai voulu créer des portraits en noir et blanc assez classiques
sans avoir recours aux effets permis par le sténopé à savoir les
effets de transparence, de mouvement et de surimpression que je
n'ai pourtant jamais hésité à exploiter jusqu'ici.
Le maître-mot était la simplicité.
Aussi, l'idée n'était pas véritablement de produire des portraits
d'individus mais plutôt de mettre en avant l'humain dans sa
représentation la plus universelle.
C'est la raison pour laquelle, j'ai demandé à mes modèles de porter
des vêtements noirs (pour que ces derniers ne soient pas visibles)
et d'adopter une posture neutre. C'est aussi pour cela que j'ai
banni tout accessoire de mode (lunettes, chapeau, collier, boucles
d'oreilles, barrettes etc.).
Ces portraits, je les ai voulus forts (avec le concours d'un
éclairage unique et violent) mais empreints de douceur (grâce au
léger flou propre au sténopé et au temps de pose de 30
secondes).
Le dur métier de modèle
J'ai eu de la chance :
les 7 artistes de la résidence ont accepté de poser pour moi !
Tous !
J'ai également eu l'occasion de faire poser certains visiteurs qui
avaient le malheur de s'approcher d'un peu trop près de mon studio
photo ! C'était la première fois que j'avais autant de modèles
à disposition : un bonheur !
Je n'avais toutefois pas beaucoup de temps pour travailler.
Avec mes amis, les séances de pose durent généralement deux bonnes
heures.
A Saint-Florent, j'ai dû apprendre à travailler plus vite car mes
modèles artistes avaient du pain sur la planche. J'ai dû passer 20
à 30 minutes par modèle pour 4 clichés chacun.
Comme à mon habitude, j'ai quelque peu torturé mes modèles. Je
pense notamment à la pose inconfortable que j'ai imposée à Danielle
et qui a eu raison de son cou... tout ça pour des photos
floues, c'est ballot ! (je vous rassure, elle va bien
!).
Je pense quand même être resté soft dans l'ensemble. J'ai fait
subir bien pire par le passé !
Et si tu me crois pas, clique sur la vignette :

Bref, vu que mon trépied bas de gamme ne monte pas bien haut, mes
modèles ont dû s'asseoir sur le sol carrelé pour la prise de
vue.
Ensuite, il fallait faire preuve de patience. Comme on peut s'en
douter, le gros du boulot consistait à trouver la bonne pose et
l'emplacement idéal de l'éclairage. Une lumière difficile à
supporter car aveuglante et dégageant une forte
chaleur.
Enfin, il fallait tenir la pose 30 secondes durant. Un temps de
pose pas toujours facile à gérer selon les modèles. Un temps de
pose que je considère comme court pour ma part, mes sténopés
demandant généralement 1 à 4 minutes de pose !
Travailler avec autant de modèles en une semaine m'a permis de
mieux apprécier le rapport de chacun à sa propre image et à
l'exercice de la pose : il y a les modèles peu intéressés par
l'expérience mais qui décident malgré tout de jouer le jeu, il y a
ceux qui annoncent d'emblée ne pas être photogéniques, ceux qui
sont impatients de voir le résultat, ceux qui désespèrent de
constater que la prise de vue prend du temps et ceux que l'on peut
"torturer" à loisir sans montrer le moindre signe de fatigue
!
Les résultats
En 5 jours, j'ai pris 38
sténopés, soit 5 pellicules dont la dernière n'était pas terminée
lors de mon départ.
J'ai donc développé 4 pellicules et sélectionné 4 clichés que j'ai
jugé intéressants pour le finissage :




Les avis sur mon travail
Lors du vernissage de
l'exposition ouvrant le Festival, deux de mes sténopés ont été
accrochés et le reste de mon travail pouvait être consulté via mon
book mis à la disposition du public. Sur mes images, la figure
humaine est très présente et je joue beaucoup sur les effets de
transparence, de mouvement et de surimpression. Du coup, j'ai pu
entendre avec amusement à mon sujet "C'est le Monsieur qui photographie des
fantômes !". Ainsi, l'absence d'effets
sur les portraits réalisés durant la résidence a été très
remarquée. J'ai même senti une certaine déception de la part de
certains visiteurs.
Cela m'amène à m'interroger sur ma pratique photographique :
le choix du sténopé comme technique photographique se justifie t-il
uniquement par l'exploitation des effets de transparence, de
mouvement et de surimpression qu'il nous permet d'obtenir ?
Pour ces derniers portraits, aurais-je dû/pu utiliser une autre
technique photographique ? A méditer...

L'entrée de la salle d'exposition.

Mes sténopés exposés au vernissage ouvrant le
Festival, et pendant la semaine. Comme vous pouvez le constater,
des palettes prêtées par une société située en face du lieu
d'exposition ont servi de supports pour l'accrochage. Une solution
économique qui ne manque pas de charme !

Mon book était consultable sur place. J'ai constaté
avec étonnement que les visiteurs étaient nombreux à prendre la
peine de le feuilleter. C'est la première fois que je suis content
de récupérer des affaires pleines de traces de doigts !
^^

Les caisses américaines mettent particulièrement
bien en valeur les photos.
Si vous souhaitez un encadrement de qualité et peu onéreux, filez
chez Ikéa ! ^^
Pour d'autres idées d'encadrement, allez lire mon article "Exposition photo : les solutions
d'encadrement".
Concernant les 4 portraits exposés et offerts à l'association
organisatrice du Festival, j'ai eu aussi le droit à des retours qui
m'ont fait sourire ("Quand je
regarde tes photos, ça me fait mal à mon
cœur") et d'autres, carrément
dithyrambiques ("Je me disais que
plus je les voyais, plus je les trouvais géniales, puissantes,
profondes, touchantes").
Heureusement, on garde les pieds sur terre quoi qu'il arrive,
surtout après ces échanges :
- Tu vas
faire quoi de tes photos ?
- Je vais en sélectionner 4 que je vais exposer au finissage.
- Oui, mais après, tu vas en faire quoi ?
- Euh, ben, je vais les mettre sur mon site web, je vais sûrement
les exposer de nouveau aussi et puis s'il y a des personnes qui ont
envie de les acheter, elles pourront !
- Mais pourquoi acheter ces photos ?
- Bah, pourquoi on achète des peintures ? Pourquoi on achète
des sculptures ? etc.
- Non mais, je veux dire, qui voudrait acheter des photos
pareilles, c'est horrible !
Je ne voudrais pas mettre ça chez moi, ça me ferait trop
peur !
Réflexion faite, je crois que moi non plus, je ne pourrais pas
mettre ça chez moi ! :D
Comment ça, je me vends mal ? :P
Le bilan
Peu inspiré depuis trop longtemps, cette
expérience en résidence m'a permis de reprendre goût à la
photo.
J'avais peur de manquer d'envie et j'ai finalement travaillé avec
beaucoup de plaisir pendant une semaine quand, chez moi, je dois
parfois me faire violence pour faire 3 photos et développer une
malheureuse pellicule.
Je dois cela à des conditions de travail optimales et à la présence
d'artistes passionnés lesquels m'ont permis d'éviter de me poser
les questions qui tuent comme "A quoi bon faire ces
photos ?", "A quoi bon accumuler ces images ? Ce ne sont
que des images... A quoi servent-elles ? etc.".
Je ne pense pas m'être métamorphosé à mon retour mais je dirais que
le "Laurent" d'après l'expérience Saint-Florent n'est pas tout à
fait le même que celui d'avant ! ;)
Et après ?
Les 4 portraits réalisés me semblent
constituer un début de série intéressant.
Je me suis donc donné comme objectif de compléter cette série pour
obtenir en tout 20 portraits avant la fin de l'année. Pour
commencer, j'ai donc blindé mes week-ends du mois d'août de séances
photo. ^^
J'ai bien conscience qu'il s'agit de
portraits assez classiques mais l'expérience Saint-Florent m'a
donné la pêche pour travailler activement sur de nouvelles photos
et j'aime travailler sur cette série alors tant que le plaisir est
là, il serait bête de le bouder ! ;)
Appel à participation pour l’exposition Tapages à Torcy (77) ouvert aux 18-30 ans (Evénements) posté le mercredi 10 août 2011 10:39
Vous avez entre 18 et 30 ans, vous pratiquez une
discipline artistique (dessin, peinture, sculpture, photo, vidéo,
installation...) et vous souhaitez
exposer ?
Le Pôle Rhizome lance un appel à participation pour la
5ème édition de l'exposition Tapages qui aura lieu
du 19 novembre au 10 décembre 2011 à la Ferme du
Couvent à Torcy (77).
Rien de bien contraignant ne vous est imposé pour candidater :
il suffit de présenter votre travail par e-mail (photos de vos
créations et texte de présentation) à l'adresse
suivante : rhizomemjc[at]gmail.com

Mes sténopés exposés à Tapages#4 en 2010
Aucune date limite de dépôt des dossiers n'a été
communiquée.
Je peux seulement vous dire qu'une réunion d'information se tient
généralement à la rentrée (en septembre ou octobre) pour présenter
votre travail de vive voix et déterminer dans les grandes lignes la
répartition des murs aux différents artistes pour
l'accrochage.
Les candidats retenus sont conviés à cette réunion d'information
après envoi de leur dossier par e-mail (je vous conseille donc de
vous y mettre en août).
Si vous n'avez pas reçu de réponse, n'hésitez pas à contacter
Rhizome par téléphone au 01 60 05 14
69.
Adresse :
Rhizome
Ferme du Couvent
22 rue du Couvent
77200 Torcy
Tél. 01 60 05 14 69
Adresse e-mail : rhizomemjc[at]gmail.com
Site
Internet : www.rhizome.fr
L'année dernière, en participant à la 4ème édition de Tapages, la mairie de Collégien a pris contact avec moi pour un projet. Alors, ne laissez pas passer cette opportunité de présenter votre travail ! ;)








