Depuis mes derniers essais avec Willène que j'évoque dans mon premier article, je me suis fabriqué de nouveaux appareils sténopé. J'en ai désormais 9. C'est un chiffre que j'aime bien : la fin d'un cycle et le début d'un autre (si, si, c'est Lara Fabian qui le dit :P).
Tout ça pour dire qu'après quelques tests devant la mairie d'Ivry-sur-Seine, j'étais fin prêt pour une séance en extérieur plus longue que d'habitude. C'est donc équipé d'un sac à dos, d'un sac de sport et de mon trépied que je me suis lancé hier après-midi pour une séance de prises de vue.
J'ai commencé mes pérégrinations avec l'incinérateur à déchets d'Ivry-sur-Seine, flanqué de deux cheminées impressionnantes qui fonctionnent à plein régime. J'ai posé mon trépied et tant bien que mal, j'ai tenté de fixer ma première boite avec de la patafix. Tentative soldée par un échec cuisant, la boite glissant irrémédiablement de son socle. Je n'ai pas encore fait l'essai mais je pense qu'un grand élastique, un léger cordage ou des aimants auraient pû faire l'affaire. À tester pour la prochaine fois...
Je me suis donc dirigé vers la Seine que j'ai longé tout au long de l'après-midi jusqu'au Parc de Bercy en passant par la Bibliothèque François Mitterand.
Il faisait beau, chaud même. Les conditions lumineuses donnaient des jeux intéressants d'ombres et de lumières, notamment vers 17h00. Par contre, il y avait beaucoup de vent. Un élément particulièrement redouté pour une séance de sténopé qui nécessite un temps de pose long, par conséquent, une immobilité parfaite.
Paris s'est montré sous un jour inhabituel en cette après-midi de Septembre. Habitué au train-train quotidien des franciliens stressés du métro (dont je fais partie, il faut bien l'admettre), il était appréciable de voir des gens détendus, allongés sur l'herbe ou le bitume, l'air tranquille, plongés dans un livre, observant la Seine ou tout simplement endormis.
En prenant la photo du Pont National (ratée par ailleurs même après retouches), j'ai échangé quelques mots avec une jeune femme assise au bord du quai. S'interrogeant sur mon étrange attirail, elle s'est permise de me saluer :
L'inconnue : "Bonjour !
Moi : Bonjour.
L'inconnue : Vous pouvez me dire ce que vous faites ?
Moi : Ah, euh... je fais de la photo.
Je fais ça avec cette boite là.
La lumière passe dans le trou qui est là et l'image se crée à l'intérieur.
Il y a un papier dans la boite..."
Son étonnement et l'expression de son visage trahissaient sa pensée.
Elle semblait se dire "Bah ya des gens qui aiment se compliquer la vie", notamment lorsque je lui avouai que mes sacs contenaient 8 autres boites. Dans le fil de la conversation, elle me fit remarquer que mon apparence et mon comportement lui avaient fait un peu peur au début. Elle pensait potentiellement faire face à un poseur de bombes... Il faut dire que je portais des vêtements noirs, près du corps, une barbe de terroriste et que je manipulais une boite en fer blindée de gaffeur noir que je positionnais sur le sol avant de déclencher mon chronomètre...
Pour en revenir à ma séance du jour, les résultats n'ont pas été fameux...
Les photos sont floues à cause du vent et du manque de soin apporté pour rendre suffisamment immobiles mes appareils. La plupart des clichés sont cramés. J'ai laissé un temps de pose compris entre 1 minute et 1 minute 20. Beaucoup trop longtemps dans la plupart des cas avec de telles conditions lumineuses.
Au menu, nous avons...
- Des tentatives d'autoportraits... floues et cramées :

- Le Pont National, après passage obligé sous Photoshop pour rattraper un temps de pose décidemment trop long !

- Le Quai de Bercy, depuis la Passerelle Simone de Beauvoir.
La boite était posée sur la rambarde de la passerelle.
Grossière erreur ! Cette passerelle est particulièrement instable !
Ici, on peut observer des bandes légèrement plus claires le long des voies (le passage des voitures).
Les véhicules plus nets à gauche ont ralenti à la fin de la prise de vue.

- Et une fontaine en forme d'escalier à l'entrée des Jardins de Bercy
(une fois encore, la retouche me permet de vous présenter une photo la moins cramée possible...).

Pour la prochaine séance...
- S'il fait beau, je tente des temps de pose compris entre 30 et 45 secondes.
- Je trouve le moyen de fixer mes appareils sur mon trépied... avant de me balader avec !
- Je fais mon possible pour garder immoblles mes appareils lors de la prise de vue (lors de nos expérimentations avec Willène, l'utilisation de petits chevalets s'était révélée une bonne idée).