Après une semaine passée dans le sud de l'Espagne, je me rendis
tôt le matin à l'aéroport de Malaga prendre un vol
à destination de Barcelone pour y passer quelques jours avant de
revenir en France.
Mon séjour en Andalousie ne m'avait pas véritablement convaincu de
ma maîtrise du castillan. Si j'avais plutôt bien réussi les
exercices de mon manuel Espagnol Débutant, 1 leçon par
jour pendant 3 mois, j'avais vite déchanté à
l'écoute des sons emis par la population locale.
J'avais réussi plus ou moins bien à me faire
comprendre mais comprendre l'autre était un tout
autre problème !
Prêt à enregistrer mon bagage, je fus
accueilli par des sons chantants et des roulements de "R". Je n'y
prêtai pas attention. Sans un mot, je fis ce qu'il
convenait de faire devant un comptoir d'enregistrement :
présenter mon passeport, la preuve d'achat pour obtenir une carte
d'embarquement et déposer mon bagage.
J'avais fait tout ce qu'il fallait. Pourtant, l'hôtesse crut
bon de devoir me parler à nouveau...
Dans un magma de borborygmes, je reconnus les mots "Charles
de Gaulle". Je fis la grimace pour exprimer mon
incompréhension (même pas l'effort de prononcer un basique
"No comprendo").
Elle répéta : toujours rien.
Exaspérée, elle demanda "Inglès ?". Je ne compris
pas davantage la mélasse anglo-espagnole qu'elle laissa échapper de
sa bouche...
Il y avait donc visiblement quelque chose que je devais savoir au
sujet de mon bagage et de l'aéroport Charles de Gaulle...
Etrange.
Je baragouinai donc que je me rendais non pas à Paris mais à
Barcelone. Visiblement cette information n'apportait rien de neuf
au propos. Et étant donné que j'avais déjà pris l'avion 2 ou 3
fois, je me dis que ce devait être la même chose partout. Il
fallait donc suivre les étapes habituelles et tout allait bien
se passer...
Coincé entre une hôtesse fatiguée et une longue file d'attente,
j'abandonnai.
Je me mis donc à sourire bêtement en hochant la tête : une façon
peu crédible mais néanmoins efficace de signifier que j'avais fini
par comprendre le pourquoi du comment. Rassurée (pour ne pas dire
délestée d'un poids), elle m'imita et accueilla le voyageur
suivant.
Après les contrôles de sécurité, je me rendis à la salle
d'embarquement avec une heure devant moi. Je tenais à la main
l'autocollant donné à la place du bagage.
Y figuraient des indications fort intéressantes :
"TO Paris VIA
Barcelona".
Si je n'avais pas compris les propos de l'hôtesse, ces écrits
semblaient assez clairs : je voyais déjà mon bagage tourner
sans fin à Paris pendant que je me retrouvais sans vêtement de
rechange à Barcelone...
Une fois passé les contrôles de sécurité, impossible de mettre
la main sur quelqu'un ! L'étage réservé à l'embarquement était
également désert. Je me rassurai alors sur le fait qu'à
l'aéroport, le personnel connaissait son boulot, que j'allais
récupérer mon bagage sans problème à Barcelone... ce qui ne
m'empêcha pas d'aller voir la première hôtesse qui fit son
apparition au bout d'une vingtaine de minutes.
Je lui expliquai alors mon problème dans un espagnol bien plus
maîtrisé (quand on est dans une situation d'urgence... ^^).
Il y avait effectivement un problème
: il se trouvait que mon avion faisait en fait escale à
Barcelone pour finir sa course à Paris, ma destination 3 jours
plus tard... d'où l'erreur.
Il est fort probable que pour l'hôtesse de l'enregistrement, vue
mon incapacité d'adaptation en Espagne, il était temps que je
"rentre à la maison" ! ^^
Une fois cette affaire réglée, de retour à
l'embarquement, on annonça que le décollage était
reporté de deux heures...
...de quoi oser quelques sténopés !
La salle d'embarquement
:

Un avion easyJet.com sur le tarmac
:

Si j'ai fait ces deux photos un peu à la sauvette (après avoir jeté
quelques regards furtifs mais néanmoins peu discrets aux
alentours), elles font partie de mes préférées de mon séjour
en Espagne. 
J'aime le contraste de ces images et l'incompréhensible
tristesse qui semble s'en dégager.



