
La 10ème édition de la Journée
Mondiale de Photographie au Sténopé aura lieu le dimanche 25 avril
2010.
Tom Miller, à la tête de cet événement a
accepté de répondre à mes questions.
Laurent Diaz : Qu'est-ce que le PinholeDay
?
Tom Miller : La Journée Mondiale de Photographie au sténopé
est une célébration annuelle de la photographie sans objectif.
Dans le monde entier, quiconque produit une photographie au sténopé
durant le PinholeDay est invité à la scanner et la publier sur le
site web pinholeday.org :
elle intégrera alors la galerie en ligne du site.
Cet événement remporte un certain succès dans la mesure où il
est gratuit et place sur un pied d'égalité les élèves d'une école
primaire et les photographes renommés dans le monde.
L.D. : Comment le PinholeDay est-il né ?
T.M. : Le 14 février 2001, Zernike Au, créateur de l'appareil
sténopé Zero Image a adressé un e-mail aux destinataires d'une
liste de diffusion dédiée au sténopé. Dans cet e-mail,
il souhaitait une heureuse Saint Valentin à ses
contacts en ajoutant qu'il aimerait qu'une journée spéciale
pour la photographie au sténopé voit le jour.
L'idée a fait son chemin parmi les destinataires de
l'e-mail. Certains d'entre eux se sont rassemblés en comité
pour créer la Journée Mondiale de Photographie au Sténopé. L'équipe
a choisi le dernier dimanche d'avril pour cet événement
annuel.
Le premier PinholeDay est devenu réalité en l'espace de deux mois
avec un site web en plusieurs langues. Gregg Kemp, webmaster du
site pinholeday.org et responsable de l'équipe
fondatrice, a réalisé avec ce projet un exploit remarquable.
L.D. : Quelles sont les retombées du PinholeDay
?
T.M. : Le succès du PinholeDay est de loin
le fruit de l'imagination et de l'enthousiasme de personnes et
de groupes dans le monde entier prenant part à l'événement. La
première édition en 2001 a compté 291 participants dans 24
pays.
En 2009, nous sommes passés à 3202 participants dans 69
pays. L'année dernière, plus de 160 événements ont été organisés
dans le monde.
L.D. : Qui se cache derrière le PinholeDay ?
T.M. : L'équipe coordinatrice gère les aspects opérationnels du
PinholeDay. Je suis à la fois chargé de l'encadrement de l'équipe
coordinatrice et des événements. J'édite et je valide les
événements soumis via le site web. En tant que chef d'équipe, je
fais en sorte de coordonner les efforts de
chacun dans la bonne direction.
En tant que responsable support, Nick Dvoracek
(Etats-Unis) est le contact privilégié des visiteurs du site
posant leurs questions via le formulaire de contact.
En tant que responsable de l'éducation, Chuck
Flagg (Etats-Unis) gère les relations avec les
instituteurs et professeurs dont les élèves participent au
PinholeDay. Il répond aux questions relatives à la participation
des classes et à la façon d'intégrer la photographie au sténopé
dans les cours d'art et de photographie traditionnelle.
Paolo Aldi (Italie) est notre chargé de communication. Il
rédige notre dossier de presse annuel et coordonne les efforts des
nombreux volontaires dans le monde souhaitant promouvoir
l'événement. Ces volontaires communiquent auprès de la presse, des
écoles, des galeries d'art.
En tant que webmestre, Jason Schlauch (Etats-Unis) s'occupe de la
maintenance du site web pinholeday.org,
incluant la mise à jour de la base de données des événements et la
création d'une nouvelle galerie chaque année.
Wolfgang Thoma, plus connu sous le nom de Taco (Belgique), recrute
et coordonne les traducteurs travaillant sur la mise à jour
des 20 versions linguistiques du site web pinholeday.org.
La Journée Mondiale de Photographie au sténopé est une organisation
communautaire. Nous sommes tous volontaires et notre récompense est
intrinsèque : la joie que cette journée apporte aux personnes
de tous âges, à travers le monde.
Les donations effectuées au bénéfice du PinholeDay
permettent de financer l'hébergement du site.
L.D. : Le PinholeDay a t-il permis de légitimer la
technique du sténopé ?
T.M. : Il me semble qu'au fil
de ces années de célébration du PinholeDay, il y a eu des
progrès relatifs à la reconnaissance du sténopé en tant que
technique artistique légitime. Je ne pense pas que le PinholeDay
soit la seule raison de cette acceptation, mais il a accompagné
cette tendance.
Le mode "sténopé" sur certains appareils et outils numériques
produisent des images noir et blanc, floues et vignettées. Je
crains que, de ce fait, de nombreuses personnes aient une vision
stéréotypée et faussée du potentiel offert par le sténopé. Les
possibilités créatives de la photographie sans objectif sont bien
plus vastes.
L.D. : Que pouvez-vous nous dire au sujet de la pratique du
sténopé dans le monde depuis les débuts du PinholeDay
?
T.M. : Je constate que de plus en plus de photographes
travaillent au sténopé numérique chaque année. Une autre tendance :
un nombre croissant de magasins de matériel photographique, de
galeries et de clubs organisant des événements autour du
PinholeDay.
Les pays comptant le plus grand nombre de participants à la Journée
Mondiale de Photographie au Sténopé sont les Etats-Unis, le Brésil,
le Japon, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France.
L.D. : Avec le PinholeDay, avez-vous vu se
dessiner des tendances artistiques autour du sténopé
?
T.M. : La renaissance du sténopé était déjà arrivée
à maturité lors de la création du PinholeDay. De nombreux
photographes et artistes avaient intégré les techniques du
sténopé dans leur travail comme Eric Renner, Wiley Sanderson,
Julie Schacter et Ralph Howell.
La photographie numérique vivait sa jeunesse, si ce n'est
sa petite enfance en 2001.
L'utilisation des outils numériques pour la prise de vue (sténopé
numérique) et le traitement de l'image est probablement la grande
tendance de cette dernière décennie. La solargraphie
est quant à elle en plein boom.
L.D. : Quelle est votre vision du PinholeDay pour les
prochaines années ? Des projets ?
T.M. :
L'ampleur grandissante et le succès du PinholeDay d'années en
années est un petit miracle. Selon moi, nous devons maintenir
le site web et préserver la gratuité et la proximité de l'événement
vis à vis des milliers de sténopistes enthousiastes à travers le
monde qui ont fait son succès. Que le miracle continue !
Propos recueillis par e-mail et traduits de l'anglais en avril 2010.




