Marie-Noëlle Leroy (sténopiste et fière de
l'être ^^) organise chaque année, depuis 2007,
l'exposition internationale de photographie au
sténopé au Centre Culturel André Malraux du Bourget (et
cette année, également au Centre Civic Can Baste de
Barcelone).
Elle prend en charge la quasi totalité du projet, de la définition
du thème de l'appel à participation à l'accrochage des photos, en
passant par la sélection des travaux et les relations presse.
La 4ème édition de l'événement s'achève à peine à Barcelone
que le sujet de la 5ème édition (et peut-être la dernière
!) sera bientôt dévoilé, laissant peu de répit à cette
commissaire d'exposition épuisée mais toujours passionnée.


Portrait de Marie-Noëlle Leroy par Jean-Claude
Beaumont
Laurent Diaz : Comment est née l'exposition internationale
de photographie au sténopé
?
Marie-Noëlle Leroy : Je
connaissais Jean-Claude Beaumont (qui travaille aujourd'hui à
la résidence photographique La Capsule, au Bourget) depuis une
bonne vingtaine d’années. Un jour, il m’appelle en
me disant qu’un de ses amis cherche des photographes à
exposer. Je suis donc allée voir Arnaud Levenes au Centre Culturel
André Malraux du Bourget avec les photos au sténopé que
j’avais exposées au Sept-off de
Nice (Festival de la photographie
méditerranéenne) quelques mois auparavant. Cela lui a beaucoup
plu. Du coup, il m’a demandé d’organiser une
exposition avec quelques copains sténopistes : ce fut SténEAUpé, en
2006.
A cette époque, je fréquentais beaucoup le tout nouveau forum
états-unien f295 (pendant près d’un an, j’étais la
seule française). Je voyais des images vraiment intéressantes et
les participants exprimer le désir de se regrouper, tout au moins,
de se rencontrer.
Aussi ai-je pensé qu’on pouvait essayer en France – où
les distances sont moins importantes – de monter un Centre
français du sténopé. J’en ai parlé avec Arnaud qui m’a
proposé de monter une exposition internationale pour l’année
suivante. J’ai donc contacté tous les amis que je
m’étais faits sur divers forums ou lors de swap (échanges
d'appareils sténopé). Et voilà ! Il y a maintenant des participants
assidus depuis la première heure et d’autres qui viennent
s’ajouter d’année en année…

Supports de communication de la 1ère exposition
internationale de photographie au sténopé en 2007 sur le thème
"Froid, Glacé".
L.D. : Pourquoi ce choix de l'international
?
M-N.L : L’internationalisation de ces expos
fait partie intégrante du "concept" de départ. C’est Internet
qui a rendu possible cet événement ! Sur la toile, on peut cotoyer
images et auteurs et j’ai fait de
nombreuses connaissances ainsi. Certains auteurs resteront
virtuels, mais à chaque fois qu’un sténopiste
étranger que je cotoie sur le net vient à Paris, nous
essayons de nous rencontrer : boire un pot, aller voir une expo, un
p’ti resto… Certains me sont d’ailleurs
présentés par d’autres sténopistes comme Justin Quinell que
j’ai rencontré grâce à Guy Glorieux… Dans la mesure du
possible, j’essaie de rapporter la chose sur mon blog, mais
j’ai un retard énorme ! Pas le temps de tout faire !
L.D. : Quel regard portez-vous sur l'événement depuis la
première édition de 2007 à aujourd'hui ?
M-N.L :
Je crois que ces expos sont arrivées à maturité. Tant de ma part
puisque je commence à avoir une certaine expérience de
l’organisation et la gestion d’un tel événement et du
recul par rapport aux productions proposées, que de la part des
exposants. J’ai vu évoluer les auteurs assidus au fur et à
mesure des années. Leurs productions visibles sur le net
constituent des exemples pour les plus jeunes et la récente
popularité du sténopé laisse entrevoir qu’il y aura de plus
en plus de personnes intéressées et intéressantes !
L.D. : Cette année, vous avez établi un partenariat avec le
Can Baste Barcelona permettant aux exposants de présenter leur
travail en Espagne. Comment un tel partenariat a t-il été rendu
possible ?
M-N.L : Grâce à Matthias Hagemann qui
expose depuis la première édition. Il habite Barcelone et est en
relation avec le Can Baste pour ses propres activités sténopiques.
Il a parlé de ces expos à Pablo Perez qui dirige le Centre Civic.
Il est venu voir l’expo au Bourget et cela lui
a plu. Je suis allée à Barcelone avec Arnaud pour le Pinhole
Day, le courant est bien passé… et voilà ! En fait, une
forme d’échange s’est établi entre le Can Baste et
le Centre Culturel André Malraux : une expo contre une expo.
C’est équitable et cela permet à des artistes d’avoir
une visibilité plus importante.

Le Centre Civic Can Baste
L.D. : Ce partenariat sera t-il poursuivi pour la 5ème
édition de l'exposition ?
M-N.L :
Aux dernières nouvelles, il était question de poursuivre cette
expérience l’an prochain…
L.D. : Nous réservez-vous d'autres surprises
?
M-N.L : J’espère ! Mais, bien sûr je ne peux
rien dire de ces espérances sinon ce ne sera plus une surprise !

L.D. : Connaissez-vous déjà le sujet du prochain appel à
participation ?
M-N.L : Oui bien sûr puisque
c’est moi qui le conçois et l’écris ! Patience ! Il
paraîtra avant le 14 juillet, promis, comme tous les
ans…
L.D. : Avez-vous vous-même travaillé sur les thèmes
imposés chaque année ?
M-N.L : Oui et non. La
première année, ne sachant pas si on aurait beaucoup de
participants, j’ai aussi exposé, mais par honnêteté
intellectuelle je préfère ne pas porter deux casquettes, ne pas
être juge et partie ; donc je ne participe pas, mais à chaque fois
je sais quelles images j’aurais faites pour répondre au
thème, je les prépare au moins dans ma tête…

Une des images présentées par Marie-Noëlle Leroy
pour la 1ère exposition internationale de photographie au sténopé
en 2007, sur le thème "Froid, Glacé".
L.D. : Comment souhaiteriez-vous faire évoluer cet
événement pour les prochaines années ?
M-N.L : Le
"contrat moral" de départ était d’organiser cinq expositions
internationales. Donc 2011 est censée être la dernière
année… Ensuite cela ne dépend pas de moi… Il faut que
le CCAM ait envie de poursuivre. Suffisamment envie pour convaincre
la municipalité de continuer son investissement financier dans
le sténopé… Les dernières élections municipales étaient en
2008, il n’y aura donc pas de modification (normalement)
avant 2014. On peut donc espérer que cela perdure jusque là au
moins. Je pense néanmoins que tous les ans c’est peut-être
beaucoup, et cela représente pour moi un travail énorme.
Une Biennale avec un invité d’honneur, quelques conférences,
et des stages pourrait être une bonne façon de continuer à défendre
l’art du sténopé…
Propos recueillis par e-mail en juin 2010.
A consulter :
- Le blog de la
Capsule
- Le blog de Marie-Noëlle Leroy : Foto-Grafik
- Les images de Marie-Noëlle
Leroy sur FlickR



