Accueil Date de création : 10/09/08 Dernière mise à jour : 29/01/12 23:29 / 154 articles publiés

Mes séances photo

3ème Festival d’art contemporain de Saint-Florent sur Auzonnet (suite)  (Mes séances photo) posté le mercredi 17 août 2011 00:30

Dans mon premier article consacré au 3ème Festival d'art contemporain de Saint-Florent sur Auzonnet auquel j'ai participé en juillet, je vous ai présenté les 7 artistes avec lesquels j'ai vécu cette petite aventure d'une semaine. Il est désormais temps de passer à ma bobine ! :P

J'étais donc invité en tant que photographe sténopiste, tout comme une certaine Christiane Sintès l'an passé. En intégrant le sténopé deux années de suite au programme du Festival, l'association organisatrice a, en quelque sorte, reconnu la richesse de cette technique : il ne s'agit pas seulement d'un procédé archaïque qui émerveille mais surtout d'un moyen d'expression à part entière, avec lequel il est possible de produire des œuvres très différentes comme en sculpture ou en peinture.

Ainsi, en 2010, Christiane Sintès avait travaillé autour du paysage avec un sténopé Polaroid.

De mon côté, j'avais prévu de réaliser des portraits avec mon fidèle Agfa Clack sténopé !


Mon atelier
Alors que mes camarades travaillaient dans les salles de classes de l'école désaffectée qui nous était mise à disposition, j'occupais l'ancien réfectoire transformé en salle polyvalente.

Dans cette grande pièce, j'ai installé une table près d'un évier pour mes développements (j'ai travaillé quasi exclusivement à la pellicule). Au fond, sur l'estrade, j'ai improvisé un studio photo pour la prise de vue et installé un bureau pour la retouche. J'avais également accès à une "pièce noire" pour le développement des négatifs papier et la mise en cuve des pellicules (laquelle doit se faire dans le noir complet).

Bref, j'avais beaucoup de place et je pouvais laisser mon atelier tel quel chaque soir avant de partir. Pas besoin de tout débarrasser, ce qui est malheureusement inévitable quand on fait du développement dans ses toilettes ou sa cuisine !


Blog de stenope : Blog Sténopé, 3ème Festival d’art contemporain de Saint-Florent sur Auzonnet (suite)
Les éprouvettes n'étaient pas en nombre suffisant. J'ai donc développé avec des bouteilles en plastique décapitées. Et ça fonctionne très bien ! ^^



Une pellicule à faire sécher ? Il suffit de caler une grille de réfrégirateur avec une pierre au-dessus d'un meuble de cuisine, et le tour est joué ! :D



Sur l'estrade : mon studio photo et mon bureau de retouche ! La classe ! :D



Un tableau d'école m'a permis de dresser un tissu noir pour l'arrière-plan de mes portraits. D'autres tissus noirs étaient à disposition en cas de besoin. Pour poser, mes modèles devaient s'asseoir sur le sol et se caler sur une boîte en carton, elle-même calée sur des chaises calées sur le mur pour être bien stables (tout un système !).


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Une fois mes pellicules développées et séchées, je pouvais les scanner pour effectuer les retouches nécessaires à la palette graphique.


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La fameuse "pièce noire" dans laquelle je pouvais développer des négatifs papier à la lumière inactinique et mettre en cuve mes pellicules avant développement. La pièce était suffisamment grande pour accueillir un groupe de visiteurs.


Blog de stenope : Blog Sténopé, 3ème Festival d’art contemporain de Saint-Florent sur Auzonnet (suite)

Blog de stenope : Blog Sténopé, 3ème Festival d’art contemporain de Saint-Florent sur Auzonnet (suite)
Pour obtenir une obscurité parfaite, j'ai dû opérer quelques aménagements : utiliser un grand carton et un rideau trouvés dans l'école pour occulter la lumière passant à travers les portes, puis donner quelques coups de peinture noire et de gaffer sur les zones stratégiques.


Découverte du révélateur en poudre 
Pour travailler, l'association organisatrice nous a fourni le matériel nécessaire. 

Ayant l'habitude d'utiliser du révélateur liquide, je me suis retrouvé confronté à du révélateur en poudre ! 

C'était l'occasion ou jamais de tester ce produit ! 

Le premier défi consistait à trouver le mode d'emploi...

En lisant les inscriptions sur la boîte, je ne trouvais pas grand-chose à l'exception de nombreuses mises en garde concernant la dangerosité du produit.

Morceaux choisis : 

Danger du Microphen


Après avoir retourné le problème dans tous les sens, j'ai découvert la marche à suivre imprimée... à l'intérieur de la boîte. Pourquoi pas...

Rien de bien sorcier : il y a deux sachets de poudre nommés A et B. Il s'agit de diluer dans de l'eau chaude (40°C) le sachet A puis le sachet B et d'attendre que la température de l'eau se stabilise (à 20°C idéalement) avant d'utiliser le révélateur (de préférence environ 8h après l'avoir préparé, ce que j'ai appris plus tard...).

Il est même possible d'utiliser jusqu'à 3 fois le même révélateur dans un délai de 24h en prenant le soin d'ajouter 10% de temps à la durée du bain de révélation du développement précédant. Ainsi, si avec un révélateur neuf, le bain de révélation dure 9 minutes, le bain du deuxième développement durera 9 minutes 54 secondes (9min +10%) et celui du troisième et dernier développement, 10 minutes 53 secondes (9min54 + 10%).


Les portraits réalisés pendant la résidence

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Jérôme, un de nos peintres, a passé la semaine à nous croquer les uns après les autres. Sur cette toile, c'est moi la vedette ! :P En pleine séance photo avec Roland dans un premier temps, puis au développement. C'est bien d'avoir des souvenirs en photos mais en peinture, c'est encore mieux !


Ayant l'habitude de prendre des photos dans des lieux très différents, j'allais devoir adapter mon travail aux contraintes qui m'étaient imposées : un lieu fixe pendant une semaine.

Pratiquer la photo de paysage était tentant vu que j'allais séjourner dans le Gard mais cela n'a jamais été mon truc. Le développement des sténopés pris à Etretat juste avant mon départ me l'avaient d'ailleurs confirmé !

J'allais donc faire du portrait. Je suis parti avec cette idée en priant pour avoir des modèles volontaires. 

C'était un peu risqué mais je n'avais pas trop le choix ! 

Pendant une semaine, j'ai réalisé des portraits dans l'esprit de ces images produites fin 2010 :


Portraits au sténopé (Laurent Diaz)


J'ai voulu créer des portraits en noir et blanc assez classiques sans avoir recours aux effets permis par le sténopé à savoir les effets de transparence, de mouvement et de surimpression que je n'ai pourtant jamais hésité à exploiter jusqu'ici.

Le maître-mot était la simplicité.

Aussi, l'idée n'était pas véritablement de produire des portraits d'individus mais plutôt de mettre en avant l'humain dans sa représentation la plus universelle.

C'est la raison pour laquelle, j'ai demandé à mes modèles de porter des vêtements noirs (pour que ces derniers ne soient pas visibles) et d'adopter une posture neutre. C'est aussi pour cela que j'ai banni tout accessoire de mode (lunettes, chapeau, collier, boucles d'oreilles, barrettes etc.).

Ces portraits, je les ai voulus forts (avec le concours d'un éclairage unique et violent) mais empreints de douceur (grâce au léger flou propre au sténopé et au temps de pose de 30 secondes).


Le dur métier de modèle
J'ai eu de la chance : les 7 artistes de la résidence ont accepté de poser pour moi ! Tous !

J'ai également eu l'occasion de faire poser certains visiteurs qui avaient le malheur de s'approcher d'un peu trop près de mon studio photo ! C'était la première fois que j'avais autant de modèles à disposition : un bonheur !

Je n'avais toutefois pas beaucoup de temps pour travailler.

Avec mes amis, les séances de pose durent généralement deux bonnes heures.

A Saint-Florent, j'ai dû apprendre à travailler plus vite car mes modèles artistes avaient du pain sur la planche. J'ai dû passer 20 à 30 minutes par modèle pour 4 clichés chacun.

Comme à mon habitude, j'ai quelque peu torturé mes modèles. Je pense notamment à la pose inconfortable que j'ai imposée à Danielle et qui a eu raison de son cou... tout ça pour des photos floues, c'est ballot ! (je vous rassure, elle va bien !).

Je pense quand même être resté soft dans l'ensemble. J'ai fait subir bien pire par le passé !

Et si tu me crois pas, clique sur la vignette : 

La torture sténopique, la vraie !

Bref, vu que mon trépied bas de gamme ne monte pas bien haut, mes modèles ont dû s'asseoir sur le sol carrelé pour la prise de vue. 

Ensuite, il fallait faire preuve de patience. Comme on peut s'en douter, le gros du boulot consistait à trouver la bonne pose et l'emplacement idéal de l'éclairage. Une lumière difficile à supporter car aveuglante et dégageant une forte chaleur. 

Enfin, il fallait tenir la pose 30 secondes durant. Un temps de pose pas toujours facile à gérer selon les modèles. Un temps de pose que je considère comme court pour ma part, mes sténopés demandant généralement 1 à 4 minutes de pose !

Travailler avec autant de modèles en une semaine m'a permis de mieux apprécier le rapport de chacun à sa propre image et à l'exercice de la pose : il y a les modèles peu intéressés par l'expérience mais qui décident malgré tout de jouer le jeu, il y a ceux qui annoncent d'emblée ne pas être photogéniques, ceux qui sont impatients de voir le résultat, ceux qui désespèrent de constater que la prise de vue prend du temps et ceux que l'on peut "torturer" à loisir sans montrer le moindre signe de fatigue !


Les résultats 
En 5 jours, j'ai pris 38 sténopés, soit 5 pellicules dont la dernière n'était pas terminée lors de mon départ.

J'ai donc développé 4 pellicules et sélectionné 4 clichés que j'ai jugé intéressants pour le finissage : 


Portrait au sténopé (Laurent Diaz)

Portrait au sténopé (Laurent Diaz)

Portrait au sténopé (Laurent Diaz)

Portrait au sténopé (Laurent Diaz)


Les avis sur mon travail
Lors du vernissage de l'exposition ouvrant le Festival, deux de mes sténopés ont été accrochés et le reste de mon travail pouvait être consulté via mon book mis à la disposition du public. Sur mes images, la figure humaine est très présente et je joue beaucoup sur les effets de transparence, de mouvement et de surimpression. Du coup, j'ai pu entendre avec amusement à mon sujet "C'est le Monsieur qui photographie des fantômes !". Ainsi, l'absence d'effets sur les portraits réalisés durant la résidence a été très remarquée. J'ai même senti une certaine déception de la part de certains visiteurs.

Cela m'amène à m'interroger sur ma pratique photographique : le choix du sténopé comme technique photographique se justifie t-il uniquement par l'exploitation des effets de transparence, de mouvement et de surimpression qu'il nous permet d'obtenir ? Pour ces derniers portraits, aurais-je dû/pu utiliser une autre technique photographique ? A méditer...



L'entrée de la salle d'exposition.


Blog de stenope : Blog Sténopé, 3ème Festival d’art contemporain de Saint-Florent sur Auzonnet (suite)
Mes sténopés exposés au vernissage ouvrant le Festival, et pendant la semaine. Comme vous pouvez le constater, des palettes prêtées par une société située en face du lieu d'exposition ont servi de supports pour l'accrochage. Une solution économique qui ne manque pas de charme !


Blog de stenope : Blog Sténopé, 3ème Festival d’art contemporain de Saint-Florent sur Auzonnet (suite)
Mon book était consultable sur place. J'ai constaté avec étonnement que les visiteurs étaient nombreux à prendre la peine de le feuilleter. C'est la première fois que je suis content de récupérer des affaires pleines de traces de doigts ! ^^


Blog de stenope : Blog Sténopé, 3ème Festival d’art contemporain de Saint-Florent sur Auzonnet (suite)
Les caisses américaines mettent particulièrement bien en valeur les photos. 
Si vous souhaitez un encadrement de qualité et peu onéreux, filez chez Ikéa ! ^^
Pour d'autres idées d'encadrement, allez lire mon article "Exposition photo : les solutions d'encadrement".



Concernant les 4 portraits exposés et offerts à l'association organisatrice du Festival, j'ai eu aussi le droit à des retours qui m'ont fait sourire ("Quand je regarde tes photos, ça me fait mal à mon cœur") et d'autres, carrément dithyrambiques ("Je me disais que plus je les voyais, plus je les trouvais géniales, puissantes, profondes, touchantes"). 

Heureusement, on garde les pieds sur terre quoi qu'il arrive, surtout après ces échanges : 

- Tu vas faire quoi de tes photos ?
- Je vais en sélectionner 4 que je vais exposer au finissage.
- Oui, mais après, tu vas en faire quoi ?
- Euh, ben, je vais les mettre sur mon site web, je vais sûrement les exposer de nouveau aussi et puis s'il y a des personnes qui ont envie de les acheter, elles pourront !
- Mais pourquoi acheter ces photos ?
- Bah, pourquoi on achète des peintures ? Pourquoi on achète des sculptures ? etc.
- Non mais, je veux dire, qui voudrait acheter des photos pareilles, c'est horrible !
Je ne voudrais pas mettre ça chez moi, ça me ferait trop peur ! 


Réflexion faite, je crois que moi non plus, je ne pourrais pas mettre ça chez moi ! :D
Comment ça, je me vends mal ? :P


Le bilan
Peu inspiré depuis trop longtemps, cette expérience en résidence m'a permis de reprendre goût à la photo.

J'avais peur de manquer d'envie et j'ai finalement travaillé avec beaucoup de plaisir pendant une semaine quand, chez moi, je dois parfois me faire violence pour faire 3 photos et développer une malheureuse pellicule.

Je dois cela à des conditions de travail optimales et à la présence d'artistes passionnés lesquels m'ont permis d'éviter de me poser les questions qui tuent comme "A quoi bon faire ces photos ?", "A quoi bon accumuler ces images ? Ce ne sont que des images... A quoi servent-elles ? etc.".

Je ne pense pas m'être métamorphosé à mon retour mais je dirais que le "Laurent" d'après l'expérience Saint-Florent n'est pas tout à fait le même que celui d'avant ! ;)


Et après ?
Les 4 portraits réalisés me semblent constituer un début de série intéressant.

Je me suis donc donné comme objectif de compléter cette série pour obtenir en tout 20 portraits avant la fin de l'année. Pour commencer, j'ai donc blindé mes week-ends du mois d'août de séances photo. ^^

J'ai bien conscience qu'il s'agit de portraits assez classiques mais l'expérience Saint-Florent m'a donné la pêche pour travailler activement sur de nouvelles photos et j'aime travailler sur cette série alors tant que le plaisir est là, il serait bête de le bouder ! ;)

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Falaises d'Etretat en sténopé  (Mes séances photo) posté le dimanche 17 juillet 2011 21:17

Le mois dernier, je me suis rendu à Etretat avec des amis. J'ai profité de l'occasion pour faire quelques sténopés bien que le paysage ne soit pas mon sujet de prédilection.

Dans un premier temps, il a fallu lutter contre la peur de l'accident de voiture (je n'ai ni véhicule ni permis de conduire et je ne suis pas spécialement fan de ce moyen de locomotion).

Une fois arrivés, il a fallu lutter contre la peur d'être précipité du haut des falaises. J'avais vécu une mauvaise expérience 6 ans auparavant en effectuant l'ascension de la Roche de Solutré que j'avais trouvée particulièrement raide et dont j'aurais volontiers défiguré le paysage pour installer des barrières de sécurité !

Les falaises d'Etretat m'ont paru beaucoup moins anxiogènes en comparaison.

Ce n'est pourtant pas ce que semblent révéler mes sténopés...


En effet, lorsque l'on souhaite prendre en photo le paysage du haut de falaises avec une boîte en fer posée sur le sol, encore faut-il s'approcher assez près du précipice pour saisir le paysage...

... sinon on obtient plus de "gazon" qu'autre chose :

Etretat en sténopé
 

Alors, je me suis approché un peu plus mais ce n'était pas encore suffisant...
 

Etretat en sténopé
 

...pour finir par obtenir une image à peu près correcte sur laquelle on parvient à reconnaître les falaises d'Etretat (après un bon recadrage quand même ! ^^). 
 

Etretat en sténopé
 

Bon, je vous avoue que le résultat ne m'a pas emballé plus que cela mais l'exercice de la photo de paysage reste à apprivoiser ! ;)

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Le mystère collégeois | Troisième partie  (Mes séances photo) posté le mardi 12 juillet 2011 22:24

Pour mon ultime passage à Collégien, j'ai choisi la date du 24 avril, Journée Mondiale de Photographie au sténopé (hasard du calendrier, je l'avoue !).

Pour être certain de ne pas sortir des frontières de la ville (voir épisode 2), je me suis équipé d'un plan que j'ai annoté tout au long de mon périple :


Blog de stenope : Blog Sténopé, Le mystère collégeois | Troisième partie
 

J'étais désormais accompagné de mon amie Willène qui avait déjà affronté Collégien en hiver. Cette fois, la chaleur était écrasante et nous n'avions pas prévu le coup...

Très vite, nous avons senti les premiers effets de la déshydratation.
De l'eau. Il nous fallait de l'eau !

Pas un magasin ne semblait ouvert. Nous nous sommes alors lancés à la recherche d'une fontaine d'eau potable. En vain.

Pour reprendre nos esprits, nous nous sommes posés à une table de jeu d'échec située derrière la mairie (table que j'ai regretté d'avoir manqué lors de mes visites précédentes car belle source d'inspiration sténopique !).

Une bouteille d'eau fit son apparition dans mon sac à dos (ou plutôt, j'en avais oublié l'existence...). La bouteille fut vidée en un éclair bien que chaque gorgée ait été dégustée comme celle d'un Grand cru classé.

Sans crier gare, un homme passa, une bouteille de jus à la main.
Willène se précipita pour lui demander dans quelle boutique il s'était procuré le Saint Graal. Il évoqua un commerce censé ouvrir en milieu d'après-midi sur la place de la mairie. L'homme disparût dans la lumière et nous ne trouvâmes jamais cette mystérieuse boutique ! Peut-être avions nous rêver cette présence humaine que nous avions souhaité si fort ?

Il n'était plus question de faire des photos. Il nous fallait lutter pour nos vies.
Willène que rien n'arrête est donc allée chercher de l'eau là où pouvait la trouver : dans les maisons. Aucune effraction ne fut nécessaire. Il suffisait d'une cible (un habitant à la fenêtre à qui demander de l'eau) et des armes adéquates que seule Willène possède (un visage innocent, un sourire irrésistible et une voix angélique).

L'eau ingérée nous donna la force de quitter Collégien pour nous rendre devant le centre commercial Bay2. Entouré d'un parking déserté, il semblait trôner comme le dernier édifice debout après un bombardement en temps de guerre. 

Nous nous dirigeâmes vers l'entrée du Casino Cafétéria. J'avais peu d'espoir de le trouver ouvert. Plus on approchait, plus on pouvait constater qu'aucune lumière ne filtrait de l'intérieur. Puis quelques formes semblaient bouger. Le lieu était bel et bien ouvert ! Dans la stupéfaction, nous poussâmes alors les portes pour pénétrer ce havre de paix.

Il y régnait une ambiance de fin du monde : avant nous, quelques âmes égarées avaient trouvé refuge dans ce grand espace sombre, désordonné et rafraichi par des ventilateurs de plafond qui ronronnaient, perturbant ainsi le silence.



 

L'activité semblait s'être ralentie mais par bonheur, une jeune femme servait des glaces et des boissons ! C'était magique : il suffisait de donner un peu d'argent pour obtenir ces trésors en échange. Le commerce était une invention merveilleuse !

JAMAIS, je dis bien JAMAIS nous n'avons pris autant de plaisir à boire et manger que ce jour-là. C'était, sans aucun doute, une expérience à vivre ! ;)
 

A part ça, nous avons quand même pris des sténopés (j'ai failli oublier ^^).

Pour voir les clichés de Willène, c'est ici.

Voici les miens :

 
Eglise de Collégien en sténopé
L'église de Collégien


Ancienne mairie de Collégien en sténopé
L'ancienne mairie de Collégien


Château d'eau en sténopé
Un château d'eau.
Une drôle de tâche s'est formée au développement : une faille cosmique ?


Lac (Collégien) en sténopé
Un lac (collégeois cette fois !) - Couleur brute obtenue au scan


Lac des Brisaciers en sténopé
Le lac des Brisaciers - Couleur brute obtenue au scan

 

La publication :
Une sélection de mes images a été publiée comme prévu dans L'Echo, le journal de la mairie de Collégien en mai 2011 ! ;)
> Consulter la publication (PDF)

Episodes précédents :
> Le mystère collégeois | Première partie
> Le mystère collégeois | Deuxième partie

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Le mystère collégeois | Deuxième partie  (Mes séances photo) posté le mercredi 08 juin 2011 00:27

Après mon premier passage à Collégien qui m'avait permis de faire un repérage, je reçus une nouvelle missive : je devais rendre mes clichés à la fin du mois d'avril. Je repris donc le chemin de Collégien... seul cette fois.

Un quartier était en construction dans la commune. Un sujet potentiel. Seulement, je n'avais pas d'autorisation pour y pénétrer. Autour du chantier, il y avait des grilles, des panneaux "Accès interdit au public", "Chantier surveillé par la société Untel", des palissades, encore des grilles... 





Pas moyen d'en tirer grand-chose... Je décidais alors de me promener dans le coin, au hasard des chemins de terre... jusqu'à me retrouver sans m'y attendre à l'intérieur du chantier ! Un nouveau mystère collégeois après l'absence de feux de circulation... J'en ai profité pour prendre deux clichés, dont celui-ci :


Chantier de Collégien en sténopé


Tournant le dos au chantier, je me dirigeais vers l'inconnu. Autour de moi : des champs et des chemins de terre. Une partie de la ville que je n'avais pas découverte la première fois...

Après une bonne marche, je me suis retrouvé au bord d'un lac : un lieu inattendu pareil à un mirage !





Quelques âmes s'y étaient abandonnées : on pouvait distinguer des pêcheurs et des corps allongés dans l'herbe. Il y avait également deux cygnes qui nageaient sur les eaux du lac avant de trouver refuge sur la terre ferme, venant ainsi curieusement à ma rencontre.

Je profitais alors de cette aubaine pour saisir les créatures qui émettaient un son dissuasif si on les approchait d'un peu trop près :


Cygnes au bord du lac en sténopé


De retour à la civilisation, j'envoyais le fruit de mon travail à ma correspondante collégeoise.

Les cygnes attirèrent son attention mais un malheur s'abattit sur moi. Le lac que j'avais ainsi foulé ne faisait pas partie de la commune de Collégien mais de Bussy Saint-Georges !

Cette ville n'en avait décidemment pas fini avec moi !
Un troisième et ultime voyage était incontournable !

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Le mystère collégeois | Première partie  (Mes séances photo) posté le mercredi 18 mai 2011 23:26

Tout a commencé un sombre matin d’hiver. Un 15 décembre.

Je recevais alors un étrange courrier (électronique) : je devais me rendre à Collégien, une petite commune du 77 pour prendre quelques clichés. Il était question d’une rubrique dans le journal de la ville qui présentait chaque mois la vision d’un photographe sur Collégien…

Un lien semblait exister entre Collégien et moi. Ce nom ne m’était pas inconnu.
Mais où donc avais-je entendu parler de Collégien ? Dans mes rêves agités ?
Des images me revenaient : des panneaux indiquant la direction de Collégien.
Tout était clair ! J’avais dernièrement exposé à Torcy, une commune voisine.
C’était d’ailleurs par ce biais que Collégien avait retrouvé ma trace…

Avant de me lancer dans l’aventure, je décidais de faire quelques recherches  sur cette ville : Collégien était une commune d’une superficie de 3,4km² comptant officiellement 3 149 habitants.

Une petite ville tranquille. Trop tranquille. Une ville nécessairement mystérieuse renfermant peut-être un lourd secret.





Faisant fi du danger, je me suis malgré tout rendu sur place, accompagné de deux comparses qui avaient sans doute peur pour moi !  Il y régnait le froid. Quoi de plus normal en plein hiver, me direz-vous ? C’est sous-estimer le mystère qui règne autour de Collégien.

J’y ai pris mes premières images. Des images difficiles à produire. Cette ville était un personnage à part entière. Et elle ne semblait pas vouloir se laisser photographier aussi facilement :


Collégien en sténopé : un trottoir


Collégien en sténopé : la route


Collégien en sténopé : un spectre ?


Collégien en sténopé : un arbre


Au cours de mes pérégrinations, je fus confronté à mon premier mystère collégeois.

Souhaitant saisir des effets de mouvement, je me suis lancé à la recherche de feux de circulation, de façon à prendre les véhicules et les piétons que je pourrais trouver sur mon chemin, tantôt à l’arrêt, tantôt en mouvement.

En quête de ces feux, j’ai parcouru une bonne partie de la ville, errant le long de routes sans voiture. Au bout d’un moment, je ne pouvais que constater que je revenais sans cesse au même endroit, comme si une force me conduisait dans une boucle infinie.

Ce ne fut que plus tard que je découvris la terrible vérité :
il n’y avait aucun feu rouge à Collégien.

Seulement des ronds-points !

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