Quand on parle de photographie au sténopé, il est
difficile d'échapper à une comparaison avec le
numérique.
Ceci est assez inévitable dans la mesure où la pratique du sténopé
ou de la photographie argentique en général reste anecdotique
comparée à la pratique du numérique.
Cette comparaison argentique / numérique va même jusqu'à la
confrontation : l'adepte de
l'argentique n'est pas toujours très tendre avec le
numérique.
Mais pourquoi tant de haine ?
Le numérique est-il trop populaire ?
En quelques
années, le numérique s'est imposé et règne sans partage ou presque
sur le marché de la photographie. Ainsi, sa popularité l'expose
assez logiquement à de vives critiques car nous sommes enclins à
rejeter ce qui fait l'unanimité ou du moins rencontre un trop vif
succès. Pour établir un parallèle avec un tout autre domaine - la
littérature - il est de bon ton de tirer à boulets rouges sur
Amélie Nothomb, qui a l'impudeur de vendre trop de
livres !
Le numérique est-il
trop accessible ?
Le développement du numérique
a permis de démocratiser la pratique de la photographie. Ainsi,
elle est plus abordable, elle n'est plus réservée à une élite de
techniciens experts. Le photographe est sérieusement concurrencé :
le photographe de mariage est bien souvent remplacé par un(e)
ami(e) qui manie habilement son reflex numérique.
Le numérique est-il
victime de la technophobie ?
Qui dit numérique
dit "ordinateur". Rejeter le numérique, c'est souvent rejeter plus
généralement l'innovation, la machine comme outil par opposition au
travail manuel. Une nostalgie, à mon sens, alimentée par une
méconnaissance de ces techniques ou un refus de se les approprier.
C'est une manière de se démarquer aussi.
Mon père qui a travaillé très tôt en numérique au milieu des années
1990 avait dû faire face à cette hostilité naissante. Aimant à la
fois travailler en argentique et en numérique selon les envies et
les résultats souhaités, il refusait d'entrer dans ce type de débat
qu'il jugeait stérile.
Car finalement, qu'est-ce qu'une technique artistique sinon un moyen au service d'un résultat ? Comme le dit mon amie Willène, l'essentiel réside dans ce que l'on fait de la technique que nous utilisons.
En effet, pouvons-nous réellement statuer sur la supériorité
d'une technique par rapport à une autre ? La sculpture
vaut-elle mieux que la peinture ? Il me semble impossible
de se positionner sur ce type de débat.
En revanche, la question "Cette technique répond t-elle à
mes attentes, au rendu que je souhaite obtenir ?" me
parait plus pertinente.
Ainsi, les photographes de tous bords devraient pouvoir se côtoyer,
former une ronde enchantée et s'aimer pour un monde meilleur,
non ?
Et vous ? Qu'en
pensez-vous ?
Avez-vous une sainte horreur du numérique / de
l'argentique ?
Croyez-vous en la supériorité intrinsèque de l'argentique ou du
numérique ?






















